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Politique

Mis en ligne le 27/04/2006

"Que s'est-il passé dans la tête des européens pour suspendre leurs aides à la Palestine?": intervention de Véronique De Keyser devant la Commission et le Conseil européens

Programmé d'urgence dans l'ordre du jour de la mini-session plénière à Bruxelles, la question de l'arrêt du financement de l'Autorité palestinienne a été soulevée cet après-midi. La députée européenne Véronique De Keyser n'a pas mâché ses mots devant le Conseil et la Commission présents en plénière, en condamnant la décision de supprimer tout aide à la Palestine. Voici son intervention.

"Moi, je n'ai qu'une question aujourd'hui et j'irai droit au but. Je ne vais pas vous demander - Comment allez-vous faire maintenant ? Mais : Pourquoi l'avez-vous fait? Quelle est la rationalité d'une décision (le gel de l'aide directe au gouvernement palestinien) qui a eu comme conséquences immédiates
- la reprise de la violence (l'attentat tragique de Tel Aviv avec ses dix victimes) et la rupture de la trêve jusqu'ici tenue par le Hamas
- l'éclatement d'une crise humanitaire à Gaza et en Cisjordanie sans qu'un plan de substitution ne soit encore fonctionnel
- le basculement de la Palestine vers l'Iran à l'instant même où l'échec des négociations sur le nucléaire avec ce pays laissent présager le pire
- l'affaiblissement politique de Mahmoud Abbas qui, si nous le soutenons trop ouvertement, risque d'apparaître comme une marionnette de l'Occident

Bref, s'il fallait voter demain, ce n'est plus 44% des voix que le Hamas obtiendrait, mais peut-être 7O %. C'est très grave. Certains d'entre nous- et j'en suis- avaient fait le pari que le Hamas s'engagerait dans une voie de résistance politique si on lui en laissait le temps. Pari fou, mais l'histoire des mouvements terroristes montre que cette folie est raisonnable. Alors pourquoi une décision brutale aux conséquences politiques incalculables? On est au bord de la guerre civile en Palestine, les administrations s'effondrent et l'image de la politique européenne colle comme un chewing-gum à la politique américaine. Qu'on ne vienne pas nous dire: "Notre patience était à bout! On avait prévenu le Hamas! On continue l'humanitaire! "L'énormité de la décision prise justifie des explications plus plausibles. Personne dans cet hémicycle n'ignore qu'un mouvement de résistance national ayant à son actif des actes de terrorisme ne dépose pas les armes sans négociation et surtout si l'objet de sa résistance continue. Or en Palestine, l'occupation est omniprésente: près de 5O morts depuis janvier 2OO6, le mur continue sa progression, la rive du Jourdain est annexée, et Jérusalem-Est s'asphyxie Alors, à quel jeu joue-t-on ici? De quoi punit-on les Palestiniens? Qu'on ose au moins en revenir à la Road Map qui prévoyait une Conférence internationale sur la Palestine en phase 2.
Je demande au Quartet de la convoquer d'urgence. "