• Visiteur(s) en ligne : 3
  • |
  • Visiteurs total : 2696529

En Ville

Mis en ligne le 23/04/2006

Décès de Benoît Labaye


Né à Liège le 22 mars 1951, marié depuis 1974 et père de deux fils âgés de 29 et 27 ans, Benoît Labaye, qui est domicilié rue des Acacias, à Liège, chef de groupe des ECOLOS au Conseil communal de Liège, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi dernier.

Adolescence passée chez les Jésuites, choc de mai 68, formations éclectiques notamment en philosophie et en informatique, il fut le premier diplômé de la section « Communication – 8ème section » de l'ULg en 1974.

Son parcours professionnel, très diversifié l'a conduit (notamment) à la coopération en Côte d'Ivoire, à RTC, au département « Communication » de l'ULg, à la société liégeoise Neurones dont il a été directeur général avant de rejoindre, en 2000, l'équipe entourant le secrétariat fédéral d'Ecolo.
C’est en 1982, à l’occasion des élections communales qu’il croisa le chemin d’ECOLO.
Elu conseiller communal en 2000, il devint chef de groupe ECOLO en janvier 2001. Il était également, également membre de l'équipe actuelle du Secrétariat Régional de Liège et conseiller politique dans les structures fédérales d'Ecolo (en charge de la politique sociale, de l'aide aux personnes).
Dans ses domaines de compétence ou d'intérêts particuliers on pourra mettre en exergue: les finances communales, l’évolution des pouvoirs locaux, l’urbanisme et l’aménagement du territoire et la politiques sociales (en particulier, personnes handicapées et personnes âgées).
Il était aussi administrateur à RTC, à la société Atlas (revitalisation du quartier de Droixhe), au Gamah (Groupe d'action pour une meilleure accessibilité aux personnes handicapées), de « Caméra enfants admis », du CHR.

Courage et foi politique

Cloué en chaise roulante depuis 15 ans suite à une maladie évolutive assez rare, Benoît Labaye était quelqu’un qu’on ne pouvait ignorer. Non parce qu’il se déplaçait en chaise roulante (c’est d’ailleurs grâce à lui que des travaux ont été effectués à l’hôtel de Ville pour permettre un accès normal aux personnes à mobilité réduite à la salle du Conseil), mais pour sa ténacité et l’immuable continuité de ses discours et de sa foi politique. On ne pouvait que souligner son courage même si parfois nous n’étions pas toujours d’accord avec lui. D'une parfaite honnêteté, il inspirait un certain respect et on imagine très bien ce qu’il aurait pu imposer s’il avait, comme tout ses collègues, bénéficié des mêmes facultés physiques.
Une de ses déclarations à propos de la politique :
«Il y a aujourd'hui une incontournable urgence : donner un souffle nouveau à la démocratie, inventer de nouveaux rapports entre le politique et le citoyen, le politique et l'économique, le politique et lui-même. J'ai envie et besoin, chaque fois que je le peux, aussi souvent que je le peux, de dire, de rappeler que faire de la politique, c'est gérer le bien commun. Le patrimoine d'une nation, d'une région, d'une ville. De chacun de ses habitants. Que c'est une chose digne et noble. Qu’il faudrait toujours l'aborder avec pudeur, respect. Et même humilité, parce qu'on est toujours un peu petit devant le bien commun. Qu'il faut se soucier de la politique comme on se soucie de sa propre maison. De sa propre famille. Que ce patrimoine commun est décidément bien menacé. De toutes parts. Qu'il faut que les citoyens reconquièrent leurs terres, leur domaine. Que chacun devrait devenir, d'une certaine manière, femme ou homme politique ».

Benoît Labaye romancier

Début 2005, nous avons eu la surprise de découvrir une autre facette de Benoît Labaye. En effet, aux éditions Luce Wilquin, le conseiller communal venait de publier un premier roman, on plutôt un récit s’intitulant « Vous ne dites rien ».
Nous l’avons lu une, deux, voire trois fois au moins. Le texte est beau, simple, émouvant. Il en émane une certaine poésie, une force vitale et sensuelle. Mais aussi un profond sentiment de malaise, lorsque l’on connaît la maladie dont l’auteur est victime. On ne peut s’empêcher de penser que comme son héros, Benoît Labaye a, à un moment donné de son existence, pensé à en finir. Lorsque nous lui en avons parlé un jour entre deux portes à un conseil communal, Benoît Labaye a compris ce malaise.
N’empêche que l’auteur a réussi à surmonter cette lancinante idée. Fin 2005, toujours dans la même collection, Benoît Labaye publiait « Australie », un autre récit que malheureusement nous n’avons pas encore découvert. S’il est de la même veine, au sens littéraire bien entendu, il faudrait peut-être que nous le lisions.

Que la famille de Benoît Labaye, son épouse, ses enfants, ses amis politique, soient assurés de toute la sympathie de la rédaction de « Proxi-Liège », car comme disait le grand Jacques Brel : « On n'était pas du même bord, On n'était pas du même chemin, Mais on cherchait le même port »

Gaston LECOCQ