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En Ville

Mis en ligne le 10/09/2005

Discours déterminé de Willy Demeyer à l’occasion des « Fastes » de la Police Liégeoise

Comme chaque année à pareille époque, la Cité ardente organise les « Fastes de la police liégeoise ». C’est l’occasion d’honorer un peu partout dans la ville où l’on trouve des stèles commémoratives, ceux des policiers liégeois qui sont tombés durant la dernière guerre où ceux mort pendant le service commandé. C’est aussi l’occasion de tirer des bilans. C’est aussi pour le bourgmestre, le premier responsable de la police locale, l’occasion de passer ses troupes en revue et de s’exprimer.
Cette année, c’est un discours déterminé qu’a tenu Willy Demeyer, développant plusiers thèmes desquels nous avons retenus : l’attitude des policiers vis-à-vis du public, les sanctions administratives et la lutte contre la drogue.
Le comportement des policiers
Sur ce sujet, le bourgmestre dira : « Je me réjouis évidemment que la criminalité globale enregistrée soit en baisse régulière. Je salue à cet égard le dévouement et le savoir faire de nos agents. Mais je m’inquiète toutefois d’un des points évoqués dans le discours du commissaire en chef : l’action des services de police est de plus en plus contestée et une certaine agressivité, de la part des citoyens, se manifeste de plus en plus souvent.
N’ayant jamais utilisé la "langue de bois" je dois, au début de mon intervention, évoquer certains comportements, avérés ou non, qui ont été portés à ma connaissance, parfois par la Presse, et relatifs à des faits où certains membres de notre Police auraient, à tout le moins, manqué de discernement dans leurs interventions.
Sans entrer dans les détails, il me paraît d’abord indispensable de rappeler l’importance de l’enquête nécessaire afin de déterminer précisément les faits et leur contexte, d’une part, et le principe fondamental de la présomption d’innocence, d’autre part.
Toutefois il ne faut pas nier, ni occulter, ce que j’appellerais la définition de la norme dans le domaine du comportement des forces de l’ordre. Nous vivons dans un état de Droit, garant de nos libertés, et chaque citoyen doit pouvoir être assuré de son intégrité, tant physique que matérielle. Chaque citoyen dispose donc, garantis par la Constitution, de droits inaliénables, droits qui permettent à tout un chacun de vivre en liberté, dans le respect de la liberté d’autrui. Cette définition peut sembler élémentaire mais elle comporte néanmoins la notion de devoir. Il m’incombe, en tant que Bourgmestre et donc responsable de la Sécurité et de l’Ordre public de la Cité, de veiller au respect de ces droits et devoirs.
Cependant la norme à laquelle je faisais référence est le juste équilibre entre une attitude trop laxiste et un comportement trop coercitif. Cela suppose une approche humaine mais réaliste des comportements déviants afin d’y apporter les réponses adéquates. En effet, le laxisme ne peut engendrer qu’un encouragement à la délinquance, créant des zones de non droit et provoquant l’exaspération des citoyens soucieux du respect des lois et règlements.
A l’inverse, une attitude trop coercitive ne peut engendrer qu’un climat de méfiance, de soupçon qui nous ferait glisser, petit à petit, vers un régime "musclé".
Cette approche de la norme n’est, certes, pas toujours aisée mais elle est indispensable dans le projet Politique, au sens large, d’une Police démocratique au service de tous les citoyens.
Il appartient à l’Autorité qui détient le pouvoir normatif (Parlement, Conseil communal) d’établir des normes claires. C’est le cas notamment en ce qui concerne le cannabis, les night-shops, les intoxications par les drogues en domaine public,… Car il existe en effet un certain paradoxe : les citoyens désirent une ville clean mais s’émeuvent de l’action des forces de l’ordre ! »
A propos des sanctions administratives
Il s’agit ici d’évoquer les sanctions administratives, en fait les amendes que la Ville devra percevoir en lieu et place des parquets. Willy Demeyer : « Depuis le 1er avril dernier, officiellement, une quarantaine d’incivilités que le Parquet, déjà très engorgé, ne poursuivait pas ou plus, ont été sorties du code pénal, certaines pour y rentrer bientôt. Leur sanction sera dorénavant gérée par les communes. La Ville poursuivra les auteurs de délits. A condition évidemment que la police, à qui incombe la mission de constater les infractions, soit suffisamment sensibilisée à l’importance de cette tâche ce qui n’était pas forcément toujours le cas jusqu’à présent. Je ne peux donc qu’encourager les forces de police à ne pas négliger cette mission importante. Cette lutte contre les petites incivilités et les délits mineurs est sans doute peu glorifiante. Mais elle, participe à l'amélioration de notre cadre de vie et par là au sentiment de sécurité de nos concitoyens ».
Pour sortir de la spirale infernale due à la toxicomanie
Nous l’avons déjà écrit à plusieurs reprises, la lutte contre la drogue et les méfaits engendrés par la toxicomanie sont probablement un des sujets qui lui tient le plus à cœur. Willy Demeyer, depuis qu’il est au mayorat n’a jamais ménagé sa peine pour qu’avec les autres niveaux de pouvoir (parce que c’est un problème qu’on ne peut résoudre seul), des solutions puissent être trouvées pour que Liège sorte enfin de la spirale infernale. C’est un sujet qu’il a aussi abordé lors de son discours : « J’en viendrai à présent à un dernier sujet de préoccupation: la lutte contre les toxicomanies. Dans notre Cité, c’est devenu une priorité. Les dossiers pour « deal de rue » ont doublé en deux ans et on peut s’attendre à une augmentation de la délinquance induite par un afflux de dealers et de toxicomanes, plus particulièrement au centre. Malheureusement, nous n’avons pas les moyens et les outils pour solutionner seuls les maux urbains. Liège est engagée dans un plan-pilote fédéral de lutte contre la drogue. Depuis le début de cette année 2005, plusieurs réunions ont eu lieu avec le Gouvernement fédéral et sa Ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, notre meilleur appui en la matière. Ces réunions se sont révélées fructueuses.
Tout un travail est en cours. A la demande de la Ministre, je me rendrai en Suisse, début octobre, en compagnie de représentants de la Ville, du Parquet, de la Police locale et du Gouvernement fédéral. Il s’agira de procéder à un échange d’informations avec les autorités de Bienne, dans le canton de Berne, à propos de leur expérience en matière de prescription médicale d’héroïne et de salles de consommation supervisée. Mesdames, Messieurs, dans ce domaine le plus crucial pour Liège, les choses avancent enfin. Mais la tâche reste entière.
Avec la police locale, nous agissons dans la mesure de nos moyens. Il conviendra cependant que nous soyons rapidement aidés pour arriver enfin à endiguer ce fléau. J’en terminerai en soulignant que la Ville et la Zone de Police de Liège ont les mêmes priorités que Monsieur le Procureur Général. J’ai aussi personnellement apprécié les termes de l’intervention du Premier Président de la Cour d’Appel et je serai aux côtés du Gouverneur pour l’application des principes de son plan de secours. Maintenir l’ordre public démocratique sur la place de Liège. »
Et en définitive, s’il n’y avait pas à Liège, ce problème que la presse (et personnellement j’en sais quelque chose) a dénoncé depuis les années 80 (mais les politiques de l’état central ne s’en sont jamais préoccupés), nous serions peut-être une des villes connaissant le moins ce "fameux sentiment d'insécurité" du pays. Mais bon, on a préféré laisser pourrir le problème.





G. Lecocq