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Mis en ligne le 30/01/2006

Pour la FGTB-METAL Liège-Luxembourg : Arcelor dans le respect des accords, ou Mittal avec un plus

Comme vous le savez, fin de la semaine dernière, le groupe sidérurgique Mittal Steel (1er groupe mondial) a lancé une OPA (que certains jugent hostile)sur le groupe Arcelor (2ème groupe mondial). Réuni dimanche à Luxembourg, le Conseil d 'administration d'Arcelor a, semble-t-il, refusé toute synergie avec Mittal Steel et ne semble pas prêt à se faire engloutir par Mittal. Mais d'autres réunions au niveau du groupe Arcelor doivent encore avoir lieu et aussi entre les différents gouvernements actionnaires d'Arcelor. La tâche risque d'être ardue chez Arcelor lorsque l'on sait ce que propose Mittal Steel aux actionnaires.
Par ailleurs, Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l'Economie a déclaré ce lundi qu'il n'est pas question pour le gouvernement de jouer aux boursicoteurs...et donc de ne pas vendre les actions d'Arcelor. Pour le moment du moins...
Mais qu'en disent les syndicats dont les membres sont en fait les premiers concernés par cette nouvelle et qui connaissent les risques (parce qu'ils en ont vécu les conséquences au fil des années) encourrus en cas de rachat ?
Dans un communiqué envoyé ce lundi aux rédaction , la FGTB-METAL Liège-Luxembourg explique:

Arcelor dans le respect des accords, ou Mittal avec un plus

Réuni ce lundi 30 janvier, l’Exécutif de la FGTB-METAL Liège-Luxembourg s’est penché sur le dossier de l’OPA lancée sur Arcelor par le groupe sidérurgique Mittal.

Qu’est-ce qui a été constaté ?

- La sidérurgie wallonne risque bien d’être la victime d’un jeu financier planétaire, qui fait peu de cas des problèmes sociaux et industriels. Il apparaît de plus en plus que ce qui compte est le profit des actionnaires, et non le développement de stratégies économiques créatrices de richesses industrielles, donc d’emploi.
- Le groupe Arcelor risque de payer aujourd’hui les conséquences de ses stratégies, qui l’ont vu privilégier l’accumulation financière, se privant ainsi apparemment des moyens de réagir à cette OPA, tant sur le plan des liquidités que sur celui d’une stratégie industrielle qui l’aurait ancré fermement dans le paysage économique.
- Ce nouveau séisme survient à un moment délicat pour la sidérurgie liégeoise, compte tenu des retards mis à la concrétisation des engagements d’Arcelor pour le redéploiement de la région suite à la décision de fermer l’ensemble des lignes à chaud en 2009. Arcelor, qui n’a pas fait grand-chose pour consolider le froid, est tout aussi responsable de ce retard que le monde politique, qui s’est dispersé en longues et vaines querelles au moment de la création des outils du redéploiement.

Qu’en pense la FGTB-Métal ?

- Il n’y a guère de raison d’être optimiste, même si de nombreux éléments restent inconnus à ce jour, que ce soit la réussite de cette OPA, les conditions dans lesquelles elle se mènerait, ou les stratégies ultérieures des différents acteurs concernés. Plus particulièrement, le projet de Mittal n’est pas connu ; de même, personne ne sait ce que fera Arcelor s’il repousse l’OPA, ce qui se fera de manière nécessairement douloureuse pour le groupe.
- A politique égale dans le bassin liégeois, le remplacement d’Arcelor par Mittal n’a guère d’intérêt aux yeux de la FGTB-METAL. Au moins, l’acteur Arcelor est-il connu et connaît-il la région. L’arrivée d’un nouvel acteur ne peut que créer un nouveau climat d’inquiétude et retarder des décisions vitales pour l’avenir de la région liégeoise.
- L’arrivée de Mittal n’aurait de sens que dans le contexte d’une renégociation positive des accords concernant Liège. La FGTB-METAL a toujours considéré que la fermeture des lignes à chaud était une absurdité économique liée uniquement à des raisons financières. Par ailleurs, la qualité des outils et des travailleurs, dans les lignes à froid, permet de penser que celles-ci valent mieux et plus que le plan de consolidation développé par Arcelor.

Que veut la FGTB-Métal ?

- La FGTB-METAL demande à la Région wallonne, garante des accords avec Arcelor, de rappeler ses engagements au groupe. La Région reste un actionnaire stable d’Arcelor, et peut agir en tant que tel pour accélérer et solidifier au maximum l’ensemble des promesses qui ont été faites.
- Si des contacts ont lieu avec Mittal et que la Région exprime sa préférence pour le repreneur, ce sera à la condition que ce groupe mette sur la table un projet industriel renforcé pour la Région liégeoise, ce qui peut passer notamment par une renégociation positive des accords signés avec Arcelor.
- En aucun cas, la FGTB-METAL n’acceptera une issue qui aboutisse, pour Liège, à un nouveau recul pour la sidérurgie. Les travailleurs savent que leur capacité de mobilisation leur a toujours permis de peser sur les options économiques, financières et politiques de tous les décideurs de ce dossier. Comme à chaque étape du dossier sidérurgique, ils se feront respecter.





Ga.L.