• Visiteur(s) en ligne : 4
  • |
  • Visiteurs total : 3199714

En Ville

Mis en ligne le 22/01/2006

La Ville en guerre contre les tags et graffitis


Les tags, les graffitis, font aujourd’hui partie du quotidien des villes. Certains tags sont de véritables petits chefs d’œuvres et ne gênent en rien lorsqu’ils viennent décorer un mur aveugle qui généralement était plus laid avant le passage de ces nouveaux artistes urbains.
Par contre, il en est d’autres qui, non seulement n’ont aucune espèce d’intérêt artistique, mais en plus dénotent d’une volonté de nuire. En effet, on voit fleurir des tags ou graffitis (souvent des dizaines au cours d’une même nuit) sur des façades privées, sur des portes d’immeubles, des soubassements d’immeuble ou de commerce, sur des volets de magasin ou d’immeubles privés. Leurs auteurs, et n’ayons pas peur des mots, sont de véritables vandales n’ayant aucun respect pour la propriété ou la propreté d’autrui, qu’elle soit publique ou privée. Ce qui est d’ailleurs affligeant, et cela a encore été démontré la semaine dernière par l’interpellation par la police de 6 ou 7 de ces « taggeurs », c’est qu’ils s’agit généralement d’étudiants provenant de « bonne famille ». Je me demande d’ailleurs ce que ces « bonnes familles » trouveraient à dire si demain leurs biens étaient ainsi maculés…On sait au moins que la police liégeoise veille au grain, même si la tâche s’avère difficile…

Une nouvelle réglementation : obligation de nettoyer ou de faire sa façade

Ceci dit, lors de la séance du jeudi 19 janvier, André Schroyen, échevin de la Propreté publique, a présenté au Collège une communication relative à la procédure mise en place dans le cadre de la lutte contre les tags et graffitis.
Comme l’échevin nous l’explique : « Dans le cadre de la mise en oeuvre du Règlement de police voté lors du Conseil communal du 21 novembre 2005, relatif aux « taggages » et « graffitages », le service de la Propreté publique va entamer un repérage et un inventaire exhaustif de tous les tags et graffitis sur le territoire de la Ville. Ce seront les ouvriers communaux, aidés par les « stewards de rues » de la « Gestion centre ville » qui parcourront les 2000 rues de la ville pour les débusquer. Cet inventaire est destiné à planifier la grande campagne de "détagage et dégraffitage" qui débutera dès que les conditions climatiques le permettront. »

L’échevin a aussi rappelé que la nouvelle réglementation en la matière obligeait le propriétaire d’un immeuble « taggé » a nettoyer son bien. Mais ce propriétaire, s’il le souhaite, pourra faire appel « gratuitement » à une équipe d’ouvriers de la ville qui se rendra sur les lieux avec le matériel nécessaire pour le nettoyage de la façade.
Et André Schroyen de préciser : « Cela ne se fera évidemment pas n’importe comment. Il faudra voir dans quelles mesures les opérations de nettoyage ne risquent pas d’endommager la façade ou les parties d’immeubles maculées. Nous devrons peut-être alors faire appel à une société spécialisée. Mais dans tous les cas, ce sera à la charge de la ville... » Et de rappeler que pour réaliser ce grand nettoyage, la Ville dispose de près de 500.000 euros prévus pour cela, dont une partie avait déjà été votée lors du budget 2005.
Ces opérations débuteront par la distribution, aux propriétaires d’immeuble, d’une brochure informative leur rappelant leurs droits et devoirs en la matière. Et lorsqu’un tag aura été repéré sur une façade, un document avec « talon réponse », sera remis au propriétaire qui pourra ainsi donner son accord pour l’intervention gratuite de la Ville sur son bien.

Et que faire en cas d’inertie des propriétaires ? « Si nous constatons qu’un propriétaire tarde à nettoyer sa façade, s’il ne nous réponds pas, nous lui adresserons alors un courrier recommandé et, en cas de non-réponse de sa part, le tag sera enlevé par nos services sans attendre l'accord du propriétaire. Néanmoins, tout propriétaire pourra évidemment refuser l'aide de la Ville et enlever le tag par ses propres moyens».
Comme le rappellera également le bourgmestre Willy Demeyer : « La Ville de Liège est bien résolue à lutter contre les phénomènes de tags et graffitis dans la mesure où ces actes d’incivisme dégradent le cadre de vie, engendrent un sentiment d’insécurité et de malpropreté, perturbent l’ordre public par une pollution visuelle et environnementale et portent atteinte aux droits des tiers. »
Alors, rendez-vous dans les rues de la ville d’ici le début du printemps. Nous devrions voir les premiers résultats. Mais en attendant, les « taggeurs fous » n’ont qu’à bien tenir car, comme vous avez pu le lire, ces « plaisanteries urbaines » ont un fameux coût, que la collectivité n’a pas à payer. Et tant pis pour ces « bonnes familles » qui laissent faire tout et n’importe quoi à leurs rejetons. S’ils peuvent payer les nettoyages...





Ga. L.