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Bouquins

Mis en ligne le 22/12/2005

A nouveau en librairies...


Lors de la séance du 18 de novembre 1944 de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, a eu lieu « Le Procès du Roman Historique ». Dans les rôles du Procureur, de l’avocat de la défense et de la Cour, une seule et même personne, Henry Carton de Wiart, auteur entre autres romans de « La Cité Ardente » (1). Procureur, Henry Carton de Wiart tonne : « le rôle du romancier n’est pas celui d’un archiviste ou d’un brocanteur. Aux historiens, l’histoire. Aux romanciers, le roman. Aux uns, la science du passé. Aux autres, l’art d’observer, d’analyser, d’exprimer le présent. ‘A chacun son métier ‘ dit un vieux proverbe…Vous connaissez le reste, Messieurs, et vous ferez justice ». En avocat de la défense, Henry Carton de Wiart plaide : « de quel droit voudriez-vous priver notre humanité toujours en quête de nouveaux paradis des richesses d’un genre auquel nous devons d’incontestables chefs-d’œuvre ? … (…) La poursuite actuelle dont le roman historique est seul l’objet et qui tend à le discréditer si injustement, n’est pas seulement une erreur. Elle est une faute. Elle est une faute et une faute qui est de nature à préjudicier à son bon renom ». Figurant la Cour, Henry Carton de Wiart réconcilie : « et puisque les deux parties ont été prodigues à l’envi de citations et d’autorités, nous voudrions, pour finir, les engager à méditer ce qu’écrit Molière dans sa Critique de l’Ecole des Femmes en réplique à Lysidas qui ‘s’offre à trouver partout cent défauts visibles’. Il lui répond tout ingénument par la bouche de M. le Chevalier : ‘Laissons-nous aller de bonne foi aux choses qui nous prennent par les entrailles et ne cherchons pas des raisonnements pour nous empêcher d’avoir du plaisir’. C’est ainsi que parle le bon sens. Si le roman, historique ou non, nous émeut dans nos meilleures fibres, il aura obéi à la loi de la littérature…Et tout le reste est logomachie ».

Première édition électronique sur « Proxi-Liège »

En 2001, les lecteurs de Proxi-Liège ont eu le privilège de découvrir, en feuilleton, « La Cité Ardente ». Une première dans le monde littéraire belge. Henry Carton de Wiart, en effet, a été le premier académicien belge dont une œuvre à être publié sur le Net en édition électronique. En 2001, en édition papier, « La Cité Ardente » est devenue très rare. Car, depuis 1947, année où les Editions Labor ont re-publié le livre qui, paru en 1905, a donné son nom « Cité Ardente » à Liège, l’œuvre de Henry Carton de Wiart n’avait plus été rééditée nonobstant ses qualités.
Du sac de Dinant en 1466 par Charles le Téméraire au sac de Liège par le même Téméraire auquel s’est joint le roi de France, Louis XI en suite de l’épopée malheureuse des 600 Franchimontois, la nuit du 29 au 30 octobre 1468, en passant par la bataille de Brusthem, tel est le cadre historique de « La Cité Ardente ». Compagnons de la Verte Tente, Raes de Heers, Pentecôte d’Arkel, Guillaume de Berlo, Vincent de Bueren, autant de personnages réels qui ont vécu et fait vivre la cité elle-même « avec ses impulsions et ses répulsions, ses entraînements, ses pâmoisons et ses ardeurs ».

« La Cité Ardente » publié à Paris en 1905 et en 2005 !

Cent ans après la première publication par les éditions parisiennes Perrin, l’éditeur Alain Jourdan-Le-Clercq établi à Paris, 60 rue Saint-André des Arts, publie dans la collection « Terre des Belges » l’œuvre de Henry Carton de Wiart « La Cité ardente ». Alain Jourdan-Le-Clercq – citoyen d’honneur de la République Libre d’Outremeuse – diffusera ce livre tant en Belgique qu’en France et en Suisse. L’auteur Henry Carton de Wiart a été souvent ministre (Premier ministre en 1921) et député sans interruption durant cinquante cinq ans (1896-1951), le record absolu en Belgique de longévité parlementaire. C’est un homme politique qui a marqué son époque en faveur du suffrage universel, de la liberté syndicale, de l’instruction obligatoire, du vote féminin, de la protection de l’enfance. Son action se prolonge aujourd’hui à travers une ASBL « Juliette et Henry Carton de Wiart » à laquelle reviendront les droits d’auteur en vue de faciliter la gestion d’un home accueillant les jeunes femmes en détresse.

« La Cité Ardente »(1) « La Cité Ardente » - Henry Carton de Wiart – 256 pages – 16 € 90 – Editions Jourdan-Le-Clercq Paris





Pierre ANDRE