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Il y a déja

Mis en ligne le 03/09/2005

Expo Universelle de 1905: Comme si "Proxi-Liège" y était allé. Série de Pierre André N° 20

Très remarquée l’arrivée, à la gare des Guillemins, des étudiants étrangers venus en visite à l’Expo à l’invitation de leurs collègues liégeois. Ensembles, ce samedi 2 septembre 1905, ils ont été donner une aubade, avenue Blonden, devant le domicile du recteur de l’Université de Liège, M. Mertens. Très amusé par cet impromptu, le recteur les a remercié et leur à souhaité beaucoup de plaisir durant leur séjour à Liège.

Un lion en plein éveil

Nul doute que nombre d’entre eux se sont attardés, à la section belge, devant la magnifique installation de la Maison Delhaize frères et Cie. Ils y ont notamment pu y déguster du chocolat fabriqué sous leurs yeux. Ce n’est pas la moindre qualité de ce stand - à l’enseigne « Le Lion » - vaste de 400 m2 auquel on accède par cinq entrées. La firme Delhaize, appelée à un bel essor, vend chaque mois 45000 kilos de café. Les ventes de ses brosses, fabriquées à Saint-André-lez-Bruges par 400 ouvrières, ont de quoi laissé rêveur de même que la quantité d’éponges. Les établissements Delhaize, fondée en 1867 à Charleroi, se taillent aussi une très belle réputation par leurs vins. A Bruxelles, où, depuis 1871, cette firme wallonne s’est installée, pour des raisons uniquement ferroviaires, elle dispose de 500 caveaux où sont entreposés de 7 à 800.000 bouteilles auxquelles il faut ajouter un entrepôt particulier de 2000 barriques. Spécialement formés en œnologie, une science relativement neuve, des membres de son personnel achètent directement le vin chez des producteurs en Bourgogne, Bordelais et Champagne. A coté des grands crus, la firme propose du vin de table en provenance d’Algérie. Sans trop risquer de nous tromper, nous pouvons assurer que cette enseigne prendra une place très significative dans l’expansion de l’industrie alimentaire de notre pays.

Le chemin de fer célèbre ses quatre-vingt ans.

« Sortons un instant de la galerie des machines proprement dite pour aller admirer des locomotives et des wagons de chemins de fer aux couleurs chatoyantes » suggère le guide Desoer tout surpris de leur hauteur car habitué à voir « plus généralement ces locomotives du quai surélevé des gares ». Il faut dire qu’une véritable histoire d’amour existe entre nos concitoyens et le rail. En effet, depuis que le gouvernement - inspiré par l’Encyclopédiste Etienne Condillac pour lequel « l’échange crée la richesse » - a proposé, en 1834, la création de la première ligne de chemin de fer sur le Continent européen, ligne inaugurée le 15 mai 1835, notre pays n’a eu de cesse de favoriser le développement ferroviaire. Un nouvel investissement de plus de 100 millions d’€ est prévu, en 1905, pour l’achat de nouvelles locomotives. Le prix de celles-ci a diminué de quelques dix pour cent au kilo en dépit de l’augmentation des cours du cuivre. Le marché sera réservé aux entreprises belges spécialisées en la matière car « si l’Etat belge s’adressait à la concurrence étrangère, surtout à la concurrence allemande, celle-ci, grâce aux primes d’exportation et aux cartels, enlèverait la totalité des lots à l’industrie belge ». Néanmoins, avant de conclure le marché, la concurrence sera consultée afin d’avoir une notion du prix.

Le conflit Russie-Japon

A l’Expo, il est toujours question de la paix à intervenir au niveau de ces deux grandes nations, la Russie et le Japon, en conflit armé depuis 1904. A l’Expo de Liége, elles sont presque cote à cote. Le Japon est d’un coté de la ligne de chemin de fer, la Russie sur l’autre versant. Sur le terrain, en Extrême-Orient, les combats font rage. A Porstmouth, aux Etats-Unis, les pourparlers stagnent. « Pas un kopeck au titre d’indemnité de guerre » déclare le comte Witte. « Alors, la guerre continue » réplique le baron Kamura. A Paris, le journal Le Matin fait appel au philanthrope Rockfeller : « il est de votre pouvoir d’empêcher que la guerre se rallume pour une somme que votre propre fortune a en double. Vous donneriez alors une leçon mémorable à ces deux empires qui semblent attacher plus de prix à l’argent qu’à la vie humaine ». Le financier Rockfeller choisit de déléguer ses hommes de la « Standard Oil Company » dans le Caucase. Il y a du pétrole et de bonnes affaires à réaliser avec une nation meurtrie !

Les beaux bébés de l’Expo


Ce dimanche 3 septembre 1905, il fait un temps exécrable à ne pas mettre un chien dehors. A fortiori, les cent vingt-cinq bébés résolus à conquérir, dans une des quatre catégories prévues, le titre prestigieux du plus beau bébé de l’Exposition Universelle 1905. Le concours s’est déroulé au Pavillon de l’Horticulture (la photo) car, comme chacun le sait, les bébés naissent dans les choux-(fleurs) ! Nous ignorons le nom des lauréats et quelle vie sera la leur. Dommage, quoi qu’il en soit, le journal « Le Peuple » écrit : « le Jury a bien eu de la peine à décerner les prix sans susciter la jalousie ». Signalons toutefois qu’en dépit de la pluie, l’Expo a enregistré 65 052 entrées.

La fin se fait proche

Tandis que « Le Moniteur belge » publie la composition du Jury supérieur de l’Exposition Universelle – MM. Emile Dupont, vice-président du Sénat, baron Ancion, sénateur, de Saedeleer, ancien président de la Chambre des Représentants, Corty, président de la Chambre de Commerce d’Anvers, Emile Digneffe et Richard Lemarche -, le Comité Exécutif de l’Expo décide d’avancer, dès le mardi 5 septembre, le tir du feu d’artifice à 20 h. et d’octroyer cinquante pour cent de réduction sur les entrées prises après 18h. La ville continue d’attirer les célébrités. Ainsi, Yvette Guilbert est annoncée pour deux spectacles au Théâtre Royal, les 16 et 17 septembre. Au menu, deux siècles de chansons françaises dans des costumes d’époque reflétant l’époque Pompadour et l’époque crinoline. En plus d’Yvette Guilbert, représentation de l’inoubliable pièce de Victor Sardou, « La Papillonne ».(à suivre)





Pierre André