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Expositions

Mis en ligne le 19/04/2018

FERNAND FLAUSCH : RÉTROSPECTIVE À LA BOVERIE (Prolongation)


A voir absolument jusqu'au 31 juillet 2018 à la Boverie à Liège. L'histoire en images, en couleurs et en lumières d'un grand artiste contemporain liégeois (la photo), disparu trop tôt. Vu le succès de l'exposition, celle-ci est prolongée jusqu'au 26/8/2018

Zwhzz, clic, wahw, hoow, swaa, flop, blob, yaeh!
Il ne s'agit pas d'une chanson de Gainsbourg, mais de la rétrospective Fernand Flausch (1948-2013) que vous propose La Boverie jusqu'au 31 juillet 2018. Pour ceux qui ne le connaissent pas, un grand artiste à découvrir et à faire découvrir en famille. Les enfants aimeront aussi…et c'est gratuit.
Pourquoi ces onomatopée ? Parce que les œuvres picturales de Fernand Flausch, surtout celles inspirées des "Comics" américains mais aussi de la BD en général en son truffées. Le tout avec beaucoup de couleurs et d'humour.

Ceci dit, Fernand Flausch ce n'est pas que ça, même s'il est connu dans le monde entier pour ses acryliques sur toiles aux couleurs vives, aux personnages empruntés aux meilleurs "comics makers" :Tarzan, Mandrake, Phantom, Flash Gordon ou encore Mickey et Popeye…) qu'il replace dans ses toiles ave un scénario tout à fait personnel. Dès les années 60 Flausch avait été marqué par la vague pop art qu'il fit évoluer à sa manière, sans jamais se laisser enfermer dans ce genre, dans aucuns d'ailleurs.
Flausch c'est aussi le designer, le sculpteur, le grapheur, le plasticien. Tout matériaux (les métaux divers, les plastiques, les plexiglas, les CD Rom, le verre, etc…) lui étaient bons. C'était sa façon de créer du neuf, de l'inattendu, parfois même de l'exubérant de l'improbable voire du surréalisme à la liégeoise digne du Cirque Divers où il n'était pas, et de loin, un inconnu.

"La mort de l'automobile" qui faillit être celle de ma carrière

En 1980, journaliste à "La Meuse", dans un tout autre domaine (judiciaire et faits-divers) je n'avais vraiment pas le temps matériel de suivre les différents mouvements artistiques de notre bonne ville,. J'ignorais donc à cette époque qui était Fernand Flausch. J'eu cependant l'opportunité de commettre un articulet (avec photo) sur une sculpture qui allait être inaugurée dans le nouveau musée en plein air de l'Université de Liège en train de s'installer au Sart Tilman. Il s'agissait de l'emblématique "Mort de l'automobile" de Fernand Flausch. Comme toujours à "La Meuse", ce genre d'article devait être rédigé sans le moindre état d'âme, pas de jugement de valeur, des faits rien que des faits. Aussi me suis-je contenté de l'aspect technique de l'œuvre : une Cadillac immergée dans un bloc de béton (la photo), et aussi du coût d'une telle œuvre.

Je ne souviens plus du montant, mais bien qu'elle avait été financée par l'Université. Or, à l'époque, c'était la grogne au niveau du personnel où l'on parlait de faire des coupes sombres dans les budget (pour cause de déménagement et d'achat de terrains). Un sujet que je n'avais pas évoqué. Uniquement des chiffres exacts. J'ignorais l'impact et la polémique que cet article allait créer au sein de l'Alma Mater. Je ne perdais rien pour attendre, car le jour même de la parution de l'article, j'étais vertement appelé dans le bureau du rédacteur en chef. Ce dernier était furax. Il venait probablement de recevoir une batterie de coups de téléphones de l'université et il était, je le sus plus tard, ami de Fernand Flausch. Il me dit: "Tu écris encore une ligne sur Fernand Flausch et c'est la porte…" .
C'est ainsi que je fis la connaissance de cet artiste liégeois auquel, il faut le reconnaître, mon journal de l'époque, avait fait une fameuse publicité gratuite…car son œuvre n'avait nullement été vilipendée.

Une œuvre impressionnante

On peut certes, sans exagérer, qualifier l'œuvre de Fernand Flausch, d'impressionnante, tant par sa qualité visuelle que par sa production. À Liège, à La Boverie, on peu découvrir une cinquantaine d'œuvres provenant de particuliers mais aussi des musées liégeois et autres lieux publics. Fernand Flausch a exposé un peu partout dans le monde (Grand prix de la biennale de Sao Paulo en 1973 partagé avec Michel Folon), Il a réalisé des dizaines de fresques dans des hôpitaux, des gares, dans le métro de Bruxelles, des galeries de magasins(galerie Opéra à Liège notamment).

On lui doit aussi le vitrail coloré et lumineux (les néons) de la façade du cinéma Churchill. Il dessina aussi les luminaires en fonte de la place Saint Lambert que l'on peut encore voire maintenant ainsi que des poubelles de son cru et autres plots directionnels.

Véritable enfant de Liège, Flausch s'était formé à l'Académie des Beaux-Arts de Liège, où il fut titulaire de l'atelier de sérigraphie et du cours de dessin à l'Institut d'Architecture Lambert Lombard.

Décédé le 5 juillet 2013, Fernand Flausch qui sculptait les tubes néons, qui invitait les héros fantastiques des "Comics" qui imaginait et qui vivait l'art public, l'art de la rue et qui mettait ainsi l'art à la portée du plus grand nombre, est parti vraiment trop tôt.

Grâce à l'initiative de l'échevin Jean-Pierre Hupkens et de l'équipe de La Boverie, cette rétrospective inaugurée le 19 avril constitue un magnifique hommage à Fernand Flausch que certains de ses amis n'hésitaient pas à surnommer "Flausch Gordon."

En pratique :

- Rétrospective Fernand Flausch, à la Boverie à Liège
- jusqu'au 31 juillet 2018
- du mardi au dimanche de 10h à 18 h (fermé le lundi).
ENTREE GRATUITE.

Autres informations sur www.laboverie.com



Les photos de Fernand Flausch et de la "Mort de l'automobile sont extraites du Bulletin des musée de la Ville de Liège "Liège Museum".
Les autres photos ont été faites par nos soins lors du vernissage.





Gaston LECOCQ