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Expositions

Mis en ligne le 26/10/2017

EUROPALIA INDONESIA : "Les Royaumes de la mer.Archipel" à découvrir à La Boverie


Depuis ce mercredi 25 octobre et jusqu'au 21 janvier 2018, le magnifique centre muséal "La Boverie" accueille à Liège le "Festival EUROPALIA INDONESIA" avec une grande exposition totalement inédite, « Les Royaumes de la mer. Archipel ». Nous l'avons visitée pour vous. Un vrai régal, un véritable dépaysement, une croisière à domicile vers le pays des 17.000 îles.

Fondé en 1969, le festival Europalia se déroule tous les deux ans et met à l'honneur le patrimoine culturel d'un pays invité. Cette année, des dizaines d'événements seront organisés aux quatre coins de la Belgique, mais aussi aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, en Pologne et en Grande-Bretagne.
L'exposition liégeoise est l’un des trois événements majeurs du Festival EUROPALIA organisés à Bruxelles, à BOZAR : « Ancestors and Rituals » et « Power and other things ».

Articulée autour de la relation indissociable entre la mer et l’Indonésie, l’exposition présente sur 2500 m² plus de 250 œuvres majeures marqueurs d’une histoire à découvrir et admirer. Avec l’appui scientifique du Musée Royal de Mariemont, du Musée de la Marine à Paris, ainsi que d’autres institutions françaises et néerlandaises, l’exposition dévoile en exclusivité des trésors nationaux qui, pour certains, quittent pour la première fois l’Indonésie grâce à des prêts exceptionnels du Musée National d’Indonésie.
L'Indonésie compte plus de 300 groupes ethniques, six religions et 726 langues. Le pays et ses 17.500 îles occupent aussi la 3e place mondiale en terme de biodiversité. Europalia, festival d'échange culturel entre l'Europe et le monde, a pour but de faire découvrir aux visiteurs la richesse du pays.



« Les Royaumes de la mer. Archipel », l'exposition , a été Inaugurée mercredi par le bourgmestre Willy Demeyer et l'échevin de la culture Jean-Pierre Hupkens (La photo).
A propos de celle-ci, l'échevin de la culture dira : "C'est la première fois qu'une grande exposition dans le cadre d'Europalia se tient à Liège. C'est un honneur pour nous et la qualité de nos infrastructures de ce lieu d'excellence en terme d'espace en est la raison.
Ayant pour l'occasion, visité l'exposition, nous ne le démentirons pas. D'autant plus que, si la qualité, la rareté et la beauté des œuvres présentées sont incontestables, un cheminement scénographique parfait, vous emmènera entre l'Océan Indien, la Mer de Chine et l'Océan Pacifique en quelques heures.

Du néolithique à l'art contemporain

Céramiques néolithiques ou chinoises, perles austronésiennes ou tissus rares, mais aussi parures royales en or et proues de bateau monumentales présenteront l’Indonésie comme la clé des échanges commerciaux entre civilisations et dont la richesse fut fondée sur la production d’épices. Bronze Dông Son ou statuaire hindo-bouddhique, à l’instar du Ganesh de Candi Banon, datant du IXe siècle, mais aussi céramiques islamiques, dévoileront la mer, les mers, comme rapprochant les cultures.

Parmi les œuvres anciennes, des interventions d’art contemporain viennent ponctuer le parcours avec une œuvre majestueuse de l’artiste indonésienne, Titarubi, intitulée ‘L’histoire se répète’.(la photo)

Un bateau traditionnel reconstruit dans la verrière de Rudy Ricciotti

En exclusivité pour cette exposition, un bateau traditionnel indonésien – un padewakan – (qui peut se situer entre le boutre arabe, la gourabe indienne et la jonque chinoise) et a été construit en Indonésie, près de Makassar, démonté, transporté et sera remonté dans la verrière du musée par quatre charpentiers indonésiens selon une technique transmise par le bouche-à-oreille.
Véritable installation monumentale, le bateau (la photo) pèse entre 3 et 4 tonnes et fait 14 mètres de long pour 6 mètres de large, pour sa partie la plus large. De manière générale, le bateau est un élément fondamental dans l’histoire des populations austronésiennes qui, tournées vers la mer, ont appris à construire des embarcations en fonction non seulement de leurs besoins mais aussi des mers pratiquées. Contrairement aux bateaux occidentaux, ils sont construits en commençant par les bordages 5 (planches constituant la coque). Les membrures formant leur squelette sont insérées ensuite afin de consolider l’ensemble.

Ce sont des cordes qui fixent les bordages et, maintiennent une pression verticale pour éviter un effet de cisaillement latéral, notamment sur des bateaux de plus en plus grands au fil du temps, l’emploi des chevilles en bois en complément des cordages s’est progressivement généralisé. Pour autant, aucun élément métallique n’est utilisé dans la construction de la coque. Cette technique confère aux navires une grande souplesse et robustesse, même dans des mers agitées. Les gréements sont connus par les images anciennes comme celles des bas-reliefs de Borobudur (IXe siècle), ainsi que les dessins et les maquettes réalisés au XIXe siècle par l’amiral Pâris.

L'Archipel, aire de confluences et de rencontres

Superposés, mêlés, réinterprétés par des sociétés riches et complexes, ces apports extérieurs ont forgé des mondes multiples, que le rapport à la mer a finement coloré et ciselé. Située au cœur d’une Asie « au sud de la Chine, à l’est de l’Inde », l’Indonésie et ses plus de 17 000 îles s’étendent sur un espace équivalent à celui de l’Union européenne. À la croisée du Pacifique, de la mer de Chine et de l’océan Indien, aire de confluences et de rencontres, l’archipel indonésien a de tout temps été l’un des grands carrefours du commerce mondial, où ont amarré les navires austronésiens, les boutres arabes, les jonques chinoises, les nefs ibériques, les autres vaisseaux des Compagnies des Indes orientales, qui ont laissé la place aux porte-containeurs et pétroliers d’aujourd’hui. L’histoire de cet archipel est celle d’une multitude de liens et de connections, où le proche et le lointain se côtoient, mis en concurrence par un monde maritime omniprésent.

La mer rassemble plus qu’elle ne sépare, et les vents des moussons ont fait de ce carrefour un arrêt obligatoire pour les marchands, artisans, religieux et diplomates étrangers dont la présence a laissé des traces dans les mythes, les monuments, les arts et traditions de l’Indonésie contemporaine.

L'Indonésie, des mondes multiples avec un rapport intrinsèque à la mer qui rassemble

La mer, omniprésente, pousse les premiers migrants austronésiens à s’installer dans les îles de la Sonde. Une grande maîtrise de la navigation est déjà attestée dans cette région du monde. Des contacts avec la culture de Dông Son (Vietnam) sont plus tard avérés, alors que trente jours de navigation séparent ces territoires. Les principales îles, Java et Sumatra, vont progressivement devenir le moyeu d’un commerce reliant le sous-continent indien, le continent asiatique, la Chine, puis, dès le VIIIe siècle, le monde arabo-musulman. Le Xe siècle représente une ère de globalisation, par l’ampleur du réseau commercial qui se tisse dans l’Océan indien. Les détroits indonésiens se révèlent être des lieux de passage obligatoires. Les voiliers vont profiter du régime des moussons et des vents N-E (hiver) et S-O (été) pour effectuer leurs trajets. Les échanges sont permanents, les cales des bateaux sont toujours pleines de marchandises. Le commerce premier, c’est la recherche du Camphrier de Barus, arbre fabuleux dont les huiles furent utilisées dès l’antiquité, y compris dans le monde romain.

Les pierres précieuses, présentes dans les montagnes de Sumatra, mais aussi à Java, sont aussi fort prisées. En échange, des produits finis sont importés : verres de Syrie et d’Irak, céramiques et grès de Chine ou encore tissus d’Inde et du Sri Lanka. Mais l’entre-deux vents signifie pour le marin une période de temps mort. Les grandes îles de la Sonde représentent alors des lieux propices pour l’installation d’entrepôts. Profitant de cette position centrale, des thalassocraties s’érigent, prenant l’apparence d’alliances de villes-comptoirs unies sous le sceptre d’une puissante cité, comme Palembang, capitale du royaume de Sriwijaya. La mer est un vecteur d’échanges commerciaux, mais aussi culturels. Aux Ve et VIe siècles s’enclenche une période d’indianisation, processus culturel de réciprocité, par lequel l’Asie du Sud-est, continentale et insulaire, et l’Inde échangent, empruntent et transforment l’écriture, parfois la langue et la religion. En Indonésie, les premières zones touchées sont les côtes. L’hindouisme se propage, progressivement concurrencé par l’arrivée du bouddhisme. Les échanges commerciaux avec la civilisation musulmane vont entraîner une pénétration de la religion islamique et de la culture arabe dans l’archipel. Au XIVe siècle, les sultanats se multiplient, surtout dans les cités côtières. L’intérieur des terres, essentiellement tourné vers la riziculture, reste généralement imperméable aux mouvements qui touchent les littoraux. Au XVIe, ce sont les Européens qui infiltrent le monde indonésien. Portugais, puis Hollandais vont amener leur culture, écrite et religieuse, mais aussi politique. Apportant tour à tour prospérité et conflits, ressources, mais aussi catastrophes naturelles, la mer est indissociable de l’Indonésie et sera au cœur de cette exposition que nous conseillons vivement.

Autres évènement associés à Europalia Indonésie et renseignements pratiques pour l’exposition à La Boverie

Des conférences : "Les ors d'archipels" (16-11); L'Indonésie aujourd'hui questions politiques et enjeux internationaux (23-11); Le site de Borobudur (14-12); Les navires de haute mer de l'ancienne Indonésie .)
Des animations pour enfants, du théâtre de la musique, de la danse etc.…

Vous trouverez les détails de tout cela, ainsi que toutes les formations pratiques sur le site : www.laboverie.europalia-indonesia-archipels

CI-DESSOUS : Petite vidéo de la visite en images fixes.





Gaston LECOCQ