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En Ville

Mis en ligne le 25/08/2013

Liège : bientôt une ville de sourds… ?


Si la City-Parade de ce 25 août a amené des dizaines de milliers de visiteurs en Cité ardente, pour y faire la fête «gratuitement», les autorités savent-elles quelles conséquences cette «parade musicale» peut avoir sur ses habitants ?
Mon univers musical est, je crois des plus variés. Enfant de la naissance du rock, je n’ai jamais dédaigné quelques bonnes prestations musicales qu’à l’époque, les anciens appelaient «musique de fou». J’ai aimé et été séduit par des groupes tels les Beatles, Beach Boys, les Rollings Stones, The Pink Floyd, ACDC et bien d’autres pour qui le «bruit» était quand même de la musique. J’ai assisté avec ferveur à pas mal de festivals. A cette époque, on en sortait avec des étoiles plein les yeux et vos oreilles ne bourdonnaient pas encore. C’est ainsi qu’à 68 ans, j’ai encore une audition naturelle quasi parfaite. Mais si la «musique» a évolué (finalement très peu au niveau du rock ou hard rock, du métal ou heavy-métal etc…) si la musique électronique a pu s’imposer (certaines compositions sont tout à fait surprenantes et aussi musicalement intéressantes que les autres genres), le son, la gestion du son, lui est en train de foutre tout par terre.
Pour des raisons purement lucratives à l’extrême, (je ne vais pas entrer dans le détail, mais les spécialistes de la communication et du marketing ne me contrediront pas) les moyens sonores (amplis, etc…) ont multiplié les décibels par 20, 30 si pas plus. Cette exagération sonore engendre deux conséquences : la qualité de l’œuvre diffusée est complètement désarticulée et rendue inaudible et création de générations de jeunes sourds ou malentendants, voire d’une multitude de plus en plus grande de jeunes ou moins jeunes victimes de troubles auditifs dont on sait qu’ils sont irréversibles. Mais tout ça, les médecins et spécialistes le savent, mais peut-être pas les «autorités» qui n’entendent déjà plus les griefs fait au sujet de telles nuisances.

Ce dimanche, j’ai voulu aller voir de plus près ce «carnaval musical et coloré» en train de se former sur le boulevard d’Avroy, à moins de deux cents mètres de la rédaction dont le double vitrage tremblait déjà grâce aux infra-sons subliminaux. Pour atténuer le bruit, j’avais mis des réducteurs de son dans les oreilles. Après quelques mètres sur le boulevard, j’ai fait demi-tour, les vibrations encaissées par ma cage thoracique étaient par trop violentes. J’étais à la limite du vomissement. Il n’était alors que 13h30 et la fête commençait à peine.

J’ai croisé des dizaines et des dizaines de jeunes, les yeux pleins de lumière, des sourires grands comme ça…et je me suis dit : «J’espère pour vous qu’en fin de journée vous entendrez encore quelque chose et que dès demain et les jours suivant, vous n’allez-pas devoir courir chez votre médecin.» J’ai aussi eu une pensée pour les milliers d’habitants du boulevard d’Avroy et du boulevard de la Sauvenière qui, jusqu’à minuit vont ressentir, non seulement dans leurs oreilles, mais plus grave, dans tous leurs membres, ces terrible infra-sons subliminaux dont on sait les dégâts qu’ils peuvent causer. Souhaitons qu’il n’y ait pas lors de cette journée mémorable, trop de fusibles qui sauteront ou de câbles qui péteront.

Claquemuré (impossible d’ouvrir la moindre fenêtre) je vais attendre la fin de la City Parade en me disant que finalement, si c’est bon pour certains, tant pis pour les autres. Mais j’avais quand même envie de livrer mon sentiment sur cette «parade musicale» qui je l’espère ne va pas transformer la « Cité ardente » en «Ville de sourds». Mais c’est déjà peut-être trop tard… (Dimanche 25 août 17h.)

Du danger des infra sons…

Il s’agit d’un des nombreux articles sur le sujet que l’on trouve sur « Internet » et notamment sur Wikipédia. Et en général les « facultés » ont le même avis.

"Le sous-grave et l'infra-grave ont la capacité de traverser les obstacles plus facilement que les hautes fréquences, qui elles, sont vulnérables aux réflexions. Ce qui se traduit souvent par une très longue portée de l'énergie acoustique. Exposé directement à une forte pression sonore dans ces basses fréquences, l'énergie peut être telle que la structure même d'un bâtiment se met en branle.
À forte puissance, les infrasons peuvent avoir des effets destructeurs, tant mécaniques que physiologiques. Des essais d'utilisation ont été faits pendant la seconde guerre mondiale par l'armée allemande. À plus faible puissance, ils constituent une gêne physiologique importante pour les animaux et les humains pouvant produire, lors d'une exposition prolongée, un inconfort, une fatigue, voire des troubles nerveux ou psychologiques.
Si la fréquence de ces infrasons est un sous-multiple de la fréquence de résonance de votre système auditif, celui-ci entre en résonance, cela ce traduit par un « bourdonnement d'oreilles » extrêmement pénible, dont l'intensité varie avec celle des infrasons, le système nerveux est alors mis à rude épreuve.
À forte puissance les infrasons traversent tout et sont perceptibles à une très grande distance de leur source (par temps de brouillard leur puissance redouble) ils engendrent alors des douleurs d'oreilles insupportables, plaquer alors les mains sur les oreilles ne changent strictement rien ! Elles sont totalement « transparentes » aux infrasons, mais il suffit que d'autres fréquences atteignent les tympans (si d'une intensité en rapport avec celle des infrasons) pour bloquer la résonance. Nous n'entendons donc pas les infrasons mais la résonance induite."





GASTON LECOCQ