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Bouquins

Mis en ligne le 13/06/2012

Liège au temps des sixties


Jean Jour, un de nos plus sympathiques journalistes nous raconte ses « années sixties » chez Noir Dessin. Un livre, complément à la grande exposition « Les Golden Sixties J’avais 20 ans en 1960 » qui s’ouvre à Liège ce samedi 16 juin

Je venais d’entrer au journal «La Wallonie» pour y travailler comme employé administratif. Quand on est dans un journal, on rêve évidemment à devenir journaliste. C’était en mars 1965, en plein milieu des « sixties » comme on les appelle aujourd’hui. Une époque où tout était possible, une époque extraordinaire à plus d’un titre.
J’avais à peine 18 ans, lui en avait déjà 28.C'était en mars 1965. Il s’appelait Jean Wathieu mieux connu aujourd’hui sous le pseudonyme de Jean Jour.
Alors que je n’avais aucune raison de prendre l’ascenseur menant à la rédaction, je m’y suis glissé serrant Jean Jour de près et lui ai demandé : «Comment fait-on pour arriver à la rédaction ?». Avec la gouaille qu’on lui connait, l’œil pétillant, Jean Jour me dit avec cet accent bien de chez nous et qu’on adore : «Ne fait surtout pas ça sais-tu mi p’tit fi… »…Un conseil que je n’ai heureusement pas suivi puisque 47 ans plus tard, je suis toujours journaliste et lui aussi…


Ceci étant dit, on peut dire que nous avons connu, à des âges quelques peu différents, les «sixties» et c’est Jean Jour, avec sa faconde et ne s’encombrant d’aucun poncifs qui vous les fait revivre.
C’est au milieu de pièces d’époque : machine à sous, juke-box, vielle radio, lithographies de Marylin par Andy Warhol au Jala Hôtel que Jean Jour, entouré de ses éditeurs et de José Dautrebande, attaché de presse de l’exposition « Golden Sixties – j’avais 20 ans en 1960 » qui ouvre ce samedi 16 juin dans la gare des Guillemins, a présenté, ce mardi 12 juin, son ouvrage (premier tome 1959-1964) de « Liège au temps des sixties ».

Sans nostalgie excessive, on est tout de suite dans l’ambiance


Comme l’expliqua Jean Jour, ce livre n’est pas composé de souvenirs ex abrupto, suivant une ligne du temps bien déterminée. Certes il y en a quelques uns, notamment concernant ses premiers pas dans le métier et son boulot au Journal « La Wallonie » où il entra le 17 février 1959. Le reste est de la matière bien vivante si on peut dire, du vécu, puisqu’il a réussi, dans la montagne d’archives qu’il a emmagasiné chez lui rue Henri Maus, à récupérer suffisamment d’anciens articles écrits par lui-même (il en a écrit des centaines de milliers jusqu’à aujourd’hui) et illustrés par ses propres photos, pour en faire ce premier tome.

Certains pourront peut-être regretter qu’il n’y ait pas beaucoup de repères temporels, de dates dans ce livre de plus de 230 pages, mais on le sait dès le départ, tout ce que Jean Jour a voulu faire revivre, c’est la période entre 1959 et 1964. On est donc fixé. Et pour faire revivre cette période liégeoise du début des sixties, il s’y prend fort bien. C’est ainsi qu’au travers de faits-divers (terribles ou anodins) de comptes rendus de la vie quotidienne, d’événements culturels, de reportages etc.… Jean Jour nous plonge immédiatement dans l’atmosphère dans laquelle la Cité ardente a vécu durant le début des « sixties ». Il remet en mémoire des personnages connu (on dirait aujourd’hui des peoples) comme ces artistes de renom que les Liégeoises et les Liégeois de l’époque ont découvert : Jacques Brel, Gilbert Bécaud, Dalida, mais aussi Piaf, Montand, Paul Anka, Jacques Cremers et son orchestre….mais aussi des personnages inconnus, furtifs ou oubliés. Il nous parle aussi des premiers grands changements de l’urbanisme liégeois etc…
Ce livre est le récit de l’évolution d’une ville et de ses habitants vu par un journaliste qui l’a vécue non seulement dans sa chair, mais dans son travail de tous les jours. C’est la vision personnelle de Jean Jour : d’un réalisme à couper le souffle. C’était aussi une excellente façon de se replonger dans la presse de l’époque, Jean Jour le fait aussi sans complaisance mais aussi sans regret ni nostalgie déplacée. Une intéressante leçon de mémoire en tout cas. Vivement le tome deux (1965-1969)….mais jean Jour ne sait pas encore quand il l’aura terminé.
Je pronostique cependant qu’on pourrait le voir sortir l’an prochain, avant la fermeture de l’exposition « Golden sixties – J’avais 20 ans en 1960 ».

Gaston LECOCQ

«Liège au temps des sixties» - people, événements, photos, faits-divers) – (Tome 1959-1964) par Jean Jour, 240 pages avec documents inédits, aux éditions «Noir Dessin Production» 20 € en vente dans toutes les librairies ou par commande auprès de l’éditeur www.noirdessin.be