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Enseignement

Mis en ligne le 04/05/2011

Nous soutenons les enseignants


S’ils sont dans la rue ce jeudi 5 mai, ce n’est pas pour s’amuser, c’est vraiment parce qu’ils n’ont pas d’autres moyens. Soutenons-les au lieu de les stigmatiser sans cesse.

Ce jeudi 5 mai, en front commun syndical, en principe, tous les enseignants de la Communauté française de Belgique seront en grève. Ils défileront à Liège dès 13h30. Un jeudi, comme cela on ne pourra pas dire qu’ils prolongeront leur week-end. Une grève, lorsqu’on y arrive, c’est toujours un échec, parce que des négociations n’ont pu arriver à terme ou, comme dans ce cas ci, parce que la coupe est pleine, que les enseignants ont en assez, parce qu’ils estiment qu’enfin il faudrait les écouter. A Liège, lors des discours du 1er mai, pas un des hommes politiques présents à la tribune n’a parlé de l’enseignement. C’est un sujet qui fâche, c’est un sujet qui énerve, c’est un sujet qui n’est pas porteur électoralement. Pourtant nos hommes politiques n’ont cessé de dire que la Wallonie avait des potentialités, qu’elle était en train de remonter le courant…Jusqu’ou, jusqu’à quand et pour qui. Les patrons disent que nos jeunes ne sont pas assez formés, que l’enseignement n’est pas à la hauteur. De la faute à qui ? Dans nos universités on y fait passer des tests pour voir si le futur étudiant a un minimum de connaissance de sa langue maternelle, le français. En effet, combien voit-on d’étudiants qui sont recalés parce qu’ils n’on pas pu répondre à une question dont ils n’ont simplement pas compris le sens. On en est là, et même plus loin.
Si je m’investi aujourd’hui dans ce combat, c’est que je connais très bien le monde enseignant (officiel du moins). Mon épouse l’était (elle est allée jusqu’à l’âge légal de la retraite, c'est-à-dire 60 ans), ma fille et ma belle-fille sont toutes deux professeurs de Mathématiques. Une de mes nièces est également professeur d’Histoire. C’est dire si j’en connais un bout sur ce qui se passe dans l’enseignement. Mais malheureusement pas encore assez, car si vous ne le saviez pas encore, il est interdit aux enseignants de parler à l’extérieur et encore moins aux journalistes de ce qui se trame dans les couloirs de leurs établissement. Et croyez-moi, ce n’est vraiment pas drôle tous les jours. Et pourtant elles ont toujours le feu sacré comme on dit, elles aiment ce qu’elles font. Mais jusqu’à quand cela va-t-il durer ?

Tout a été détruit en 50 ans

Je me souviens qu’il y a 50 ans, l’instituteur et le professeur de secondaire étaient des personnes respectées. Les classes, déjà surpeuplées à l’époque, étaient silencieuses. On écoutait le maître. Pourtant les inégalités sociales existaient déjà, mais les plus défavorisés avaient quand même la possibilité de décrocher un diplôme et nombreux sont ceux qui ont réussi à faire une brillante carrière. Mais aujourd’hui. On en est-on ?
On a vu, dès les années 60, un nombre incalculables de réformes de toutes sortes sortant des cabinets ministériels et édictées par des personnes (à l’égo surmultiplié) qui n’ont jamais connu, ou très peu, la réalité de l’enseignement. Aujourd’hui, alors que ce n’était pas le cas il y a 50 ans, un enseignant ne peut plus se permettre de travailler seul pour faire vivre son ménage. Aujourd’hui, un enseignant n’a plus la possibilité de se faire respecter, car avant toutes choses, c’est le chiffre qui compte. En effet il ne faut pas que l’école perde ne fut-ce qu’un élève, car les quotas seraient alors revus à la baisse et les subventions pour l’école, rabotées.
Il y a 50 ans, les directions des écoles soutenaient leurs professeurs et ceux-ci leur rendait bien. Il y avait un véritable esprit d’équipe. Aujourd’hui, les enseignants sont à la merci non seulement des élèves qui peuvent tout se permettre mais aussi des parents qui les soutiennent dans leurs dérives et des directions qui s’en fichent royalement. Ce sera toujours l’enseignant de base qui sera responsable. Et je ne vous parle pas des locaux déplorables, des toilettes immondes, des salles de cours où l’on gèle en hiver et ou on grille dès le printemps, des travaux à effectuer le soir chez soi bien tard, des réunions obligatoire en-dehors des heures de cours, des réunions de parents où bien souvent les professeurs en prennent pour leur grade etc…On se plaint qu’il y a pénurie d’enseignant ? Pas besoin de chercher midi à quatorze heures, de nouvelles réformes ou de nouveaux décrets (on aime ça à la Communauté française), mais simplement d’un peu de bon sens et être à l’écoute de celles et ceux qui sont sur le terrain.

Solution

Ah oui, j’oubliais, dans les pays modernes où l’enseignement est réputé (notamment les pays scandinaves dont on nous parle souvent), il n’y a qu’un seul réseau d’enseignement (excepté les privés évidemment). Ça coûte moins cher à la communauté, les établissements y disposent des moyens adéquats et salubres, les enseignants y sont encore respectés et chaque enfant y a plus ou moins les mêmes chances.
C’est juste une idée….et je reste persuadé que si demain on demandait aux enseignants des deux réseaux (officiel et libre) ce qu’ils en pensent, ceux qui ont vraiment ce métier dans le sang, ceux qui ne pensent qu’aux enfants et à leur avenir, seraient de mon avis.
En attendant, ce jeudi, ne fustigez pas le monde enseignant, soutenez-les, ils le méritent bien. Quant aux politiques, c’est à vous de prendre vos responsabilités. N’est-ce pas Mme Simonet, Mrs Marcourt et Demotte ?

Gaston LECOCQ

L’appel de la CGSP

Mauvais élèves : échec en communication et deuxième session le 5 mai !

Comme décidé par nos affilié(e)s lors des assemblées régionales, nous avons joué les « mauvais élèves » lors de la réunion de clôture des négociations sectorielles en refusant de signer le protocole d’accord que nous présentaient les Ministres Simonet et Marcourt ce 7 avril.

Nous avons été rejoints dans ce refus par les autres syndicats enseignants (CSC Enseignement - SLFP-Sel/Setca -Appel) et par la CGSP AMiO (représentant le personnel administratif et ouvrier des écoles).

Les « bons élèves » qui ont signé de leur plus belle plume sont les Pouvoirs Organisateurs (ben voyons !), la CSC Services publics et la CNE.

Pourquoi avoir choisi d’être des élèves frondeurs et indisciplinés ?

Nous avons motivé notre décision en expliquant aux Ministres que le processus de négociation avait d’emblée été faussé et que les dés étaient pipés.
D’une part, le Décret du 15.12.2010 a instauré la concertation tripartite et les PO. ne sont dès lors pas gênés (bien que le décret ne le prévoit pas) pour déposer leurs propres revendications, pour réclamer une part des moyens disponibles et pour proclamer leur satisfaction d’avoir été entendus.
D’autre part, la présentation lors de ces négociations – instaurées pour déboucher sur une programmation sociale et non un recul – d’une restriction des mesures d’aménagement de fin de carrière (DPPR) a été considérée par nos affilié(e)s comme un déni de la pénibilité croissante du métier.
Alors que toutes les composantes du monde éducatif (parents, enseignants, Ministres !!!) s’accordent à reconnaître que la profession s’exerce dans des conditions de plus en plus difficiles -nous n’en voulons comme seule preuve que la pénurie actuelle d’enseignants -, la réponse du Gouvernement consiste en un allongement de la carrière… Aberrant ! Insultant !

Nous avons donc accompagné notre refus de signature du dépôt d’un préavis de grève, tous niveaux et tous réseaux confondus, pour le jeudi 5 mai. Nous réclamons du Gouvernement un effort supplémentaire en matière de revalorisation salariale et de gestion de la carrière.

La Ministre Simonet affirme haut et fort dans les journaux et sur les ondes que le Gouvernement a fait le maximum budgétaire et appelle les enseignants désireux de suivre notre mot d’ordre à « réfléchir ».

Douterait-elle de leur libre arbitre ou de leur conscience professionnelle ?

Les enseignants ne veulent pas d’une école-prison, d’où s’évadent les « jeunes » profs insuffisamment formés et mal payés, dans laquelle les « anciens » à bout d’énergie sont maintenus de gré ou de force avec chaînes et boulets, et qui n’offre qu’à un élève sur deux toutes les chances de réussite scolaire.

Si la Ministre veut se montrer ferme, nous devons lui prouver que face à elle, elle trouvera des enseignants tout aussi déterminés à défendre leurs conditions de pratique du métier.
Toutes les écoles doivent être fermées le 5 mai et des milliers d’enseignants doivent manifester leur mécontentement à Liège ce jour-là, sur les terres de nos Ministres de l’enseignement.

Nous savons que le contexte économique n’est pas favorable, mais les enseignants en ont à présent la malheureuse habitude et en ont marre de cette rengaine.
Nous savons que les embellies budgétaires à la Communauté française sont toujours de courte durée, mais les enseignants refusent de suivre le baromètre et en ont marre de cette politique de « stop and go ».

Nous comptons sur eux, sur vous pour le démontrer une fois de plus et prouver que nous avons raison d’être des « mauvais élèves ».
Tous les cancres à Liège le 5 mai… et bonne fête du travail !

PASCAL CHARDOME