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Musique

Mis en ligne le 20/11/2005

Entendu pour vous à l’O.P.L. : la 7ème de Dvorak

Semaine tchèque à l’Orchestre Philharmonique puisque, après avoir, ce mercredi 16 novembre, révélé - avec la complicité de Jean-Marc Onkelinx (le M. « Musique classique » de la F.N.A.C. Liège) - « le dessous des quartes » de la Symphonie n°7 en ré mineur opus 70 d’Anton Dvorak (la photo - Londres 1885), le premier chef invité de l’O.P.L., le Verviétois Jean-Pierre Haeck a dirigé, en la nouvelle et remarquable « Philharmonie » de Luxembourg le jeudi 17 à 20 heures puis, à deux reprises, dans notre salle philharmonique du Boulevard Pïercot, ces vendredi 18 à 20 heures et samedi 19 à 15 heures (avec, cette fois, retransmission par la R.T.B.F. sur Musiq3, différée au jeudi 29 décembre à 20 heures) un même programme en deux parties : la seconde comprenant la symphonie précitée et la première présentant deux autres compositeurs tchèques : Leos Janacek dans trois des six danses de sa région natale la Lachie (1889) et Bohuslav Martinu dans son « Concerto pour quatuor à cordes et orchestre H. 207 » (1931). Nous avions présenté, dès ce 3 novembre, ces concerts. Qu’ajouter à leur propos ?
Nous ignorons la raison de la suppression du programme des trois dernières des six danses « lachiennes » ou « valaques » de cette partie de la Moravie encore appelée Valachie. Nous avions beaucoup apprécié de Janacek l’opéra « Jenufa » joué au Théâtre Royal mais il nous a moins convaincu dans les extraits (« Antique I », « Danse bénie » et « Danse du feu ») de ces airs de folklore populaire, cette musique virevoltante ne recueillant, vendredi soir, que des applaudissements polis d’une salle qui, cette fois, n’était pas comble.

L’Orchestre a, ensuite, accueilli un quatuor à cordes composé de jeunes musiciennes (la photo) diplômées à Bruxelles et qui se perfectionnent à Gand : Caroline Bayet, premier violon, Virginie Petit, second violon (remplaçant Elsa de Lacerda), Wendy Ruymen, alto, et Kathy Adam, violoncelle.
Elles nous ont certes semblé « binamées » mais leur invitation résulte sans doute essentiellement des obligations du contrat programme entre la Communauté française et l’Orchestre qui conduisent à promouvoir, de façon identique, de jeunes artistes qu’ils soient wallons ou bruxellois alors que les seconds bénéficient déjà de la présence dans leur capitale notamment de l’Orchestre National de Belgique. Il serait sans doute préférable qu’un prochain contrat programme de l’O.P.L. concerne aussi la Communauté germanophone car, ainsi, toute la Wallonie serait prise en compte et parce qu’il est peu contestable – sans chauvinisme aucun - que la proportion de musiciens de talent et de mélomanes est bien plus importante à l’« extrême-orient » qu’au centre du Royaume.
Mais revenons en à Martinu qui avait travaillé, en 1931, à Paris, pour le quatuor belge Pro Arte.
Sa composition néo-classique en trois parties (« Allegro vivo », « adagio » et « tempo moderato ») s’écoute agréablement et l’on pourrait écrire, dans le style de l’auteure d’ « Un certain sourire », Françoise Sagan, que l’on apprécie successivement une certaine légèreté, une certaine gravité puis une certaine vigueur.
Nous espérions beaucoup du « plat de résistance » : la septième symphonie de Dvorak où ce successeur de Smetana voulait rivaliser avec la troisième de Brahms. Nous avons été à nouveau séduit par cette œuvre que l’O.P.L. avait déjà enregistrée sous la baguette de Pierre Bartholomée en mai 1989 au Conservatoire de Liège Le premier des quatre mouvements - « allegro maestoso » - se présente comme une sonate somptueusement majestueuse. Le deuxième – « poco adagio » – tendrement mélodieux, se rapproche à nouveau de Brahms. Le troisième - « scherzo vivace » - joyeusement dynamique, s’inscrit par contre dans la lignée des célèbres « danses slaves ». Le final – un nouvel « allegro » - est puissamment épique. L’Orchestre retrouve sa flamme du brillant début de cette saison : comme l’unique Symphonie de Franck, la septième de Dvorak est d’ailleurs la seule que celui-ci écrivit aussi en ré mineur. Un remarque personnelle cependant (qui n’est pas celle d’un expert) : j’ai parfois – particulièrement dans le final - ressenti l’impression d’un déséquilibre entre une puissance excessive des instruments à vent et l’ensemble des cordes qui se trouvaient alors dominées.

* Les prochains concerts de l’Orchestre Philharmonique à Liège auront lieu les 7, 8 et 10 décembre (avec notamment le concerto pour orchestre de Bartok). Et avant cela (le 4/12) vous êtes appelés à aller aux « Vêpres ». Celles de Rachmaninov par des choristes moscovites !





Jean-Marie Roberti