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Cinéma

Mis en ligne le 28/03/2010

Vidéographies 21 : le palmarès 2010



Le festival international des images expérimentales et numériques de Liège a couronné une jeune réalisatrice coréenne : Hee Won Navy Lee. Un choix judicieux, nous avons aimé…

Je ne m’en cache pas. Si cette année, je me suis particulièrement intéressé au festival «Vidéographies 21» (premier festival en Communauté française consacré aux images numériques, à la vidéo et au cinéma expérimental) qui s’est tenu au cinéma Le Sauvenière à Liège, les 24, 25 et 26 mars, c’est parce que mon ami, l’artiste numérique belgo-canadien et liégeois Jean Detheux (que les lecteurs de Proxi-Liège connaissent depuis l’an 2000) y participait. D’une part parce qu’il y présentait une « carte blanche » de ses œuvres et de deux autres artistes américains, d’autre part parce qu’il faisait partie du jury et enfin et surtout parce que l’on ne s’était plus vu depuis 10 ans.
Comme nous vous l’avions expliqué dans notre article précédent, «Vidéographies 21» se présentait dans la continuité du festival Exprmntl [21] (qui s’est tenu en mars 2009) et s’insérait parfaitement dans les événements culturels liégeois repris dans les événements «Liège Métropole culture 2010 », « Liège vitrine des capitales européenne de la culture» initiés par l’échevinat de la Culture de la Ville de Liège ou encore dans le cadre du projet «Passages, croiser les imaginaires» des services culturels de la Province. Ceci étant dit, revenons-en aux trois soirées de «Vidéographies 21» impeccablement agencées sous la houlette de son directeur Dick Tomasovic.

54 films : de l’excellent, du moins bon, voire du banal…

Ce n’est pas vraiment une sinécure, surtout lorsqu’il s’agit d’une première (mais c’est une expérience tout à fait enrichissante) d’assister de bout en bout à un festival de ce type. Et quand, comme moi, on n’est pas spécialiste, juste amateur de nouveautés et de découvertes, se faire une idée, donner un avis, sur un art (sur tous les autres aussi d’ailleurs) qui n’en est qu’à ses début (20 ou 30 ans dans ce domaine c’est jeune) c’est assurément un véritable défi.
L’art vidéo est intéressant à plus d’un titre parce qu’il s’insère dans le présent, qu’il vous projette dans les futurs possibles mais qu’il peut aussi vous ramener dans le passé. En fait, l’art vidéo est une véritable machine à voyager dans le temps…où tous est permis, avec ses fantasmes les plus fous, des voyages auxquels on ne croyait pas…L’art vidéo est également un fabuleux moyen de communication politique, certains vidéaste (comme les hommes politiques d’ailleurs), l’ont parfaitement compris. Mais c’est l’art de notre siècle.
Au cours de ces soirées j’ai visionné (avec environs 600 autres spectateurs pour les 3 jours) pas moins de 54 petits films variant entre 1 minutes et 21 secondes pour le plus court à 21 minutes et 14 secondes pour le plus long. De ce que je peux en dire, c’est qu’il y avait d’excellentes choses, de moins bonnes et d’autres tout à fait banales.
Les soirées se composant de deux parties : la première pour les « Cartes blanches » présentant, hors concours des artistes représentant un pays ou une région et l’autre, les artistes inscrits en lice suite à l’appel lancé en octobre de l’an dernier.

Coups de cœur des cartes blanches

La première carte blanche « Entre poésie et politique », était dédiée à Bige Örer (membre du jury), directrice de la Biennale internationale d’art contemporain d’Istanbul, présentant (hors compétition) une sélection de vidéos d’artistes turcs émergeants. Deux films m’ont immédiatement interpellé : «Jean Factory» de Ömer Ali Kazma et «The Waq Waq Tree » de Canan Senol. Deux films où poésie et politique s’entremêlent parfaitement : l’un pour mettre en exergue l’inhumanité du travail à la chaîne dans une usine de jeans, l’autre, sorte de grande enluminure orientale qui fustige toutes les formes de dictatures passées et actuelle, et la Turquie sait de quoi il en retourne il n’y a pas très longtemps avec son dernier coup d’état militaire.

Jean Detheux

Le deuxième jour, c’était la carte blanche «L’œil écoute», qui a permis à notre artiste liégeois belgo-canadien Jean Detheux (membre du jury et hors compétition),

de présenter ses œuvres ainsi que deux de ses amis américains. Je ne vais évidemment pas vous « refaire l’article », Jean Detheux, les lecteurs de « Proxi-Liège » le connaissent bien. Mais ce qui est extraordinaire c’est de découvrir ces œuvres sur grand écran avec une qualité visuelle et acoustique incomparable par rapport à ce que l’on peut voir sur un écran d’ordinateur ou sur un écran de télévision quand on possède ces œuvres sur DVD. Cet art est tout bonnement fabuleux. Car comme je le disais à Jean Detheux, si je ne suis pas expert en matière artistique (que ce soit en peinture, sculpture et même musique) la seule chose qui me guide, c’est la sensation. Si une œuvre qu’elle quel soit me prend aux tripes, alors j’aime. Si je ne ressens rien, tans pis même si d’autres crient au chef d’œuvre… Avec les toiles numérique et musicales de Jean Detheux (que ce dernier classe comme œuvres abstraites, mais qui ne le sont probablement pas) on s’engouffre dans des dimensions jusque là inconnues, dans un univers inimaginable.

On vit quelques moments intenses au sein même de la matière ; c’est de la chimie organique ou minérale en mouvement permanent, tous les éléments s’y retrouvent. Tout notre être s’y précipite et nous quittons notre fauteuil pour un voyage (un trip sans acide c’est extraordinaire) que l’on n’a pas envie de voir s’achever. On a également le sentiment que, de ces toiles en mouvement, va jaillir quelque chose de vivant. Bref, le pied total.
Je ne peux d’ailleurs que vous conseiller (une fois encore) de visiter le site Internet de Jean Detheux pour y découvrir ses productions et les excellents musiciens qui collaborent avec lui: www.vudici.net

Le dernier jour, la troisième carte blanche «Trans Electro Kino) présentait «Transcultures» de Mons.
S’il y a eu, sur les 7 films présentés quelques moments accrocheurs, je ne peux pas dire que j’aie vraiment été transporté par cette production, mais bon, on ne peut pas aimer tout.

La compétition : un palmarès qui tient la route.

Je ne vais évidemment pas vous décortiquer les 30 films venant des USA, de France, d’Allemagne d’Espagne et de Belgique en compétition. Je dirais seulement que j’ai beaucoup apprécié les trois films de la Coréenne (vivant en France) Seo Jung Hee, celui d’une autre Coréenne (vivant également en France) Hee Won Navi Lee, et également celui de la Belge Marie Devuyst. Pour ma part, le palmarès tient la route puisqu’il correspond plus ou moins à ce que j’ai fortement apprécié.
Vous pourrez d’ailleurs visionner tous les fils sur RTC à l’adresse
www.rtc.be, vous vous ferez vraiment une idée de ce qu’est l’art vidéo. Dommage qu’il n’y ait pas une petite place pour les «cartes blanches».
A l’issue de la dernière soirée, c’est d’une manière tout à fait décontractée que le jury présidé par le Français Jean-Paul Fargier dévoila le palmarès de « Vidéographie 21 ».
Le palmarès :

Grand Prix Vidéographies 21 :

«Phone Tapping» (photo extrait haut de page) de Hee Won Navi Lee.

Celle-ci a déjà été primée à : 2010 Prix de la Création Vidéo_ Vidéoformes Conseil Général du Puy-de-Dôme ; 2009 1st Prize - Section Experiment, 21st International Cortometrajes Campoo of Aguilar, Bilbao / Spain ; 2009 1st prize - 6th International Video Festival 2009, Busan / South Korea.
Hee Won Navi Lee est aussi à découvrir sur http://navi-lee.blogspot.com

Prix de la Province de Liège, remis par le député provincial Paul-Emile Mottard : «Orgesticulanismus» de Mathieu Labaye.

Prix de la Ville de Liège : «Tant qu’il y aura del poussière» de Marie Devuyst.

Prix du Cluster TWIST : «Chassé-croisé» de Jung Hee Seo

Enfin quatre mentions ont été décernées et notamment pour : «The Swimming Pool» de Julien Brunet ; «Life circle live circus life» de Konstantinos-Antonios Goutos ; «In situ # 2 : les mobiles» de Clotilde Amprimoz et à «Rendre l’appareil» de Oubayda Mahfoud».

Nul doute que l’on reverra l’an prochain une nouvelle édition de «Vidéographies 21», ce festival dédié aux arts du 21ème siècle et qui, nous l’espérons, deviendra une référence comme tant d’autres festivals du même type de part le monde.
Pour d’autres détails sur l’ensemble du festival : www.videographies.be





Gaston LECOCQ