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Il y a déja

Mis en ligne le 21/05/2005

Expo Universelle de 1905: Comme si "Proxi-Liège" y était allé. Série de Pierre André N° 5

En avril 1905, le roi Léopold II a séjourné, quelques jours, incognito en Espagne. Incognito percé par notre confrère madrilène, le journal Héraldo l’a vu, en effet, à la course de taureaux à Séville « …en gris, un chapeau de Cordoue sur la tête et, sur le dos, l’appareil photographique qu’il n’abandonne jamais dans ses excursions (…) non loin de lui se trouvait la belle danseuse Cléo de Mérode, coiffée d’un modeste canotier dont sortaient les bandeaux qui donnent un aspect particulier à sa séduisante beauté ». Quittant l’arène, il regagne son hôtel à pied « photographiant les belles filles qu’il rencontrait sur son chemin ». Le journal ajoute « en famille, il n’a pas été heureux, ses filles lui causant du chagrin. Mais il porte son chagrin avec résignation et se distrait autant qu’il peut, se rendant la vie aussi agréable qu’il peut ».

L’accueil de Liège à Léopold II

En revanche, l’incognito est impossible, en ce jeudi 11 mai 1905, à Liège où, accompagné de son neveu, le Prince Albert, Léopold II arrive à 13h. par train royal (1). « La foule est énorme, elle déborde de partout, (…), elle est perchée sur les réverbères, (…), elle est juchée sur les toits ». En grand uniforme, le bicorne sur la tête et, sur le dos, tout ce que Liège compte d’autorités militaires et civiles dont le gouverneur de la Province, Léon Poty de Thozée, Léopold II gagne le Palais des Fêtes de l’Expo, escorté de la garde civique à cheval et un escadron du 4ème Lanciers, par le nouveau pont de Fragnée et le quai du même nom (2).Léopold II apprécie les discours brefs, les Liégeois ignorent ce goût royal…
Le temps de décorer, au Salon Royal, le représentant de l’Empereur d’Allemagne et celui de la Reine de Hollande, Léopold II écoute le discours-fleuve du président de l’Expo, Emile Digneffe : « … notre entreprise fut lourde et lente à mener (…) notre pensée reconnaissante va à Celui qui, le premier et seul, comprit toute la portée du but poursuivi par nous (…) La Belgique a pu atteindre un haut degré de félicité et s’assurer cette bonne renommée dont l’Exposition de Liège est une consécration éclatante. Or, ces résultats, le Pays les doit pour beaucoup (ce n’est pas faire œuvre de courtisan, je pense, que de le dire dans les circonstances actuelles) au Souverain. (…) Au lendemain de cette grande manifestation, notre vieille cité apparaîtra transformée, agrandie, embellie, le regard désormais tourné vers un avenir auquel beaucoup n’aurait pu songer pour elle ».
La réponse de Léopold II fut brève : « … l’œuvre entreprise était une œuvre hardie qu’il a fallu beaucoup de courage, de zèle, de patience, de dévouement et de foi pour la mener à bien. Je suis très impatient de voir, tout de suite, ce que vous êtes parvenu à réaliser… »

La visite a été rapide, de la section belge on passe à l’allemande, à la chinoise, à la japonaise, à l’italienne, on s’arrête un peu à la section de la république dominicaine, puis le cortége royal repart de plus belle jeter un coup d’œil sur les Espagnols, les Français, etc. Faut pas traîner car il est grand temps de gagner le Palais de la Ville de Liège, au sortir du Pont Hennebique.
Le bourgmestre Gustave Kleyer prononce un nouveau discours, le Roi répond : « je vous félicite de la belle Exposition que vous avez réalisée par votre courage et votre travail ».
Le mayeur présente à Léopold II tous les conseillers communaux. Tous, à l’exception des mandataires POB. Conviés, ils ont décliné l’invitation. Ils ont préféré la politique de la chaise vide plutôt que d’avoir à serrer la main de celui qu’ils accusent d’être le principal obstacle au suffrage universel.


Visite sur les chapeaux de roue

Un coup d’œil à l’intérieur du Palais de l’Art ancien, ensuite le Palais des Beaux-Arts. Avant d’y pénétrer, Léopold II salue du perron la foule qui l’applaudit.
Après la pause culturelle, le cortége royal parcourra encore le site de la Boverie où sont situés notamment les serres et les pavillons de l’Afrique et de l’Etat indépendant du Congo. Préfigurant les missions extérieures dévolues à l’armée, en 2005, par le ministre de la Défense, le ministre de la Guerre, Cousebant d’Alkemade a permis, en 1905, à quelques soldats d’y édifier les huttes que ce pavillon recèle.
Le départ du train royal est prévu à 18h45, Léopold II quitte l’Expo à 18h30 par l’actuelle Place d’Italie. Le train s’ébranle à 19h15. L’exactitude est la politesse des rois… ](à suivre)

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(1) De splendides photos de cette visite ainsi que quantités d’autres relatives à l’Expo figurent dans la réédition (la photo) de Petite histoire illustrée de l’Exposition Universelle de Liège 1905 par les Editions du Molinay – 22 rue de Halbossart, 5300 Andenne – Tél. 085-82.53.42 – Prix conseillé 15 €

(2) Actuel quai de Rome.





Pierre André