• Visiteur(s) en ligne : 5
  • |
  • Visiteurs total : 3200385

Expositions

Mis en ligne le 23/10/2009

«Le cinéma de papa», une exposition à découvrir à la galerie Le Zénith en Outremeuse jusqu’au 10 novembre


Parmi les ancêtres du cinématographe, figure en bonne place le Liégeois Etienne-Gaspard Robert dit « Robertson ». Il a fait les beaux soirs de Paris quand, âgé de 34 ans, il présente, en 1798, au pavillon de l’Echiquier son spectacle de fantasmagorie. Le public découvre grâce à ce Liégeois fantasmagore un environnement visuel auquel il est étranger.
Mais Robertson est davantage passionné de physique comme son concitoyen François-Laurent Villette et d’aérostat à bord de ballons inspiré des découvertes des frères Montgolfier. Aussi il ne pousse pas plus avant ses recherches en matière d’images animées. Celles-ci demeurent dans l’ombre jusqu’en 1895, moment où les frères Auguste et Louis Lumière mettent au point ce qui sera le cinéma.

Actuellement et jusqu’au 10 novembre, en la galerie Le Zénith, 15 rue Jean d’Outremeuse, se tient une exposition intitulée « Le cinéma de papa ».
C’est un hommage à deux Liégeois, Marcel Smeets et Raphaël Essikov. Le premier a été un critique cinématographique, essayiste et réalisateur, le second, directeur commercial de « Légia films ».
Lors de l’inauguration du «Cinéma de papa», notre confrère Charly Dodet a évoqué avec des mots qui n’appartiennent qu’à lui, la genèse de cette exposition. Nous lui avons emprunté diverses citations.

Quand mon papa fait du cinéma devient «Le cinéma de papa »

« Sur l’écran noir de leur enfance
Elles se sont fait du cinéma
Aujourd’hui, c’est à ça qu’elles pensent
Elles ont dix fois, vingt fois, cent fois,
Porté bobines et caméra.

Danielle Essikov et Jeanine Dorthu-Smeets ont un merveilleux point commun : leurs papas étaient, chacun dans son domaine et dans sa sphère, de vrais passionnés de cinéma. Cela pourrait presque paraître banal, aujourd’hui ! Mais à l’époque de la jeunesse des deux hommes, cela fait d’eux des pionniers, de vrais précurseurs.
L’exposition « le cinéma de papa » raconte deux destins parallèles, nous révèle comment deux femmes, imprégnées l’une et l’autre, dans leur enfance et leur jeunesse, de la passion dévorante de leur père, ont décidé, aujourd’hui, en 2009, de mettre en commun des centaines de souvenirs, d’images, de photos et d’évocations qui témoignent de manière touchante des débuts du 7e Art dans la Cité Ardente ».

Fruit de l’amour fou, Raphaël Essikov est friand de cinéma.

Raphaël Essikov est le fils de Vladimir un Russe fortuné dont le désir de faire le tour du monde s’arrête à Liège en 1910. Il y rencontre l’amour, Léa, une jeune Hollandaise, C’est le coup de foudre ! « Le jeune Raphaël n’est encore qu’un grand gamin et pourtant, trois fois par semaine, il s’enferme dans les salles obscures. Cet enfant d’avant-garde est fou de Gabin, au point qu’il va – sommet du mimétisme - en copier les allures et la voix ! Et c’est ainsi que cette passion devient un métier » .

Les pompiers liégeois cinéphiles.

Dans l’immédiate après-guerre, il crée une société gérant plusieurs salles dans la région de Huy-Waremme. Ensuite, dans les années 50, c’est la location de films de 16 mm pour diffusion dans les ciné-clubs et autres salles. « Ces pellicules sont des réductions des grands films 35 mm , autorisés à être transformés deux ans après leur sortie dans les grandes salles.

A Liège, les films se louent entre 250 et 1000 francs par jour. Les pompiers, eux, ne paient que 100 francs, mais ils prennent les films qui n’ont pas été loués et ils louent un film par jour » . Outre son métier de gestionnaire de salles, diffuseurs de films, concessionnaire d’appareils de projection, Raphaël Essikov se constitue une filmothèque de près de 2.000 films muets 8 mm .




Marcel Smeets, le prof’ qui préfère coter les films …

Professeur de langues germanique, Marcel Smeets est également un fou de cinéma. En 1947, le voilà critique cinématographique, il tient la chronique et réalise une page cinéma dans les quotidiens liégeois, Le Monde du Travail, la Wallonie , et autres revues telle Scopliège. Il est l’auteur de plusieurs livres sur l’histoire du cinéma destinés à ses élèves. Désigné par ses pairs, vice-président de l’Association professionnelle de la presse cinématographique, il fera partie des jurys des plus grands festivals : Cannes, Venise, Carthage, New Delhi, le Caire, Cracovie, Varna, Troia, Montréal, Moscou… Plus tard, dans les années 70-80, il sera aussi nommé maître de conférence à l’Université de Liège, pour le cinéma.

Du «bonus» avant l’heure !

Sa fille Jeanine se souvient d’avoir porté le pied de la caméra de son papa, lorsque celui-ci décide de réaliser de court-métrages, une trentaine essentiellement des documentaires. Ami de Jean Marais, celui-ci l’autorise à en tourner un à Joinville sur le film dont l’acteur est la vedette. Avant l’heure, Marcel Smeets réalise un « bonus » comme on dit aujourd’hui à propos des versions DVD d’œuvres cinématographiques.
« Jean Marais est venu à Liège, notamment lors de la présentation de " La Belle et la Bête". Les Liégeois lui ont offert un miroir décoré en cristal de Venise. Mais le cadeau était si lourd à porter que le comédien n'en a pas voulu et en fait cadeau à son ami Marcel !".

L'exposition "Cinéma de papa" peut être vue aux heures habituelles d'ouverture de la galerie du Zénith. Il est possible de la visiter sur demande au 0498 315 187.

Les photos de haut en bas :

- Le journaliste Charly Dodet présentant "le cinéma de papa" en présence de Jeanine Dorthu-Smeets et Danièle Essikov

- Danièle Essikov et Joël Baufaijt, créateur de costumes de "Cinéma de papa"





Pierre ANDRE