• Visiteur(s) en ligne : 2
  • |
  • Visiteurs total : 3199367

En Ville

Mis en ligne le 21/09/2009

Le discours du bourgmestre Willy Demeyer à l’occasion des Fêtes de Wallonie


Il attaque de front les responsables de la crises financière, reparle de la Communauté urbaine, répond aux critiques concernant le quartier des Guillemins et espère encore être aux manettes de la ville pendant 10 ans…

Cette année, pour cause de rénovation de l’Opéra , c’est au Forum que ce dimanche, le bourgmestre Willy Demeyer a, dans le cadre des Fêtes de Wallonie et du 179ème anniversaire des événements de 1830, prononcé le discours officiel qui marque en quelque sorte sa rentrée politique sur le plan communal. Comme chaque année, cette séance académique a été agrémentée des amusantes facéties de Mme Bémol et du «Café Liégeois» du Théâtre Arlequin (la photo ci-dessus) ainsi que des voix splendides (dans le Valeureux liégeois et le Chant des Wallons) des Chœurs universitaires de Liège, dirigés par Patrick Wilwerth.(photo en fin d'article)
Nous vous livrons trois passages du discours que nous jugeons les plus intéressants.

A propos de la crise financière : le discours de la gauche

« L’année 2009 marquera le XXIème siècle à Liège et dans le monde. En effet, 2009 laissera le souvenir d’une crise financière mondiale sans précédent, où les Etats ont dû s’endetter pour assurer la survie des banques et du système financier international. La collectivité toute entière paye pour les erreurs, l’aveuglement voire l’enrichissement de quelques-uns. Certains nous disent que la crise est derrière nous.

C’est malheureusement faux et même mensonger.
La crise financière nous a pénalisée une première fois en réalimentant la dette publique. Ensuite, les pouvoirs publics vont percevoir moins d’impôts suite à l’augmentation du chômage et la réduction de l’activité.
Les dividendes de leurs placements vont disparaître. Et les emprunts coûtent plus chers. La situation est la même dans le secteur privé, qui ne parvient plus à faire financer ses projets, comme à Bavière.
De plus, les crédits hypothécaires des particuliers ne sont plus accordés.
Les citoyens, eux paient une troisième fois, lorsqu’ils perdent leur emploi.
Je vous le dis comme je le ressens : cette crise du capitalisme débridé est d’un cynisme rarement égalé.
Et chacun y va de son idée pour résorber les difficultés.
Parmi celles évoquées par les responsables politiques, économiques et sociaux, j’ai relevé les propos tenus par Rudy Thomaes, Administrateur délégué de la FEB et par Bernard Jurion, Professeur d’économie politique.
Dans la palette de leurs propositions, devinez ce que ces deux experts ont particulièrement pointé? Et bien, ils ont insisté sur la nécessité de faire contribuer les pouvoirs locaux.
Le premier propose qu’on ne remplace pas les agents communaux qui partent à la retraite.
Quant au second, il a tenu dans « Le Soir » ce commentaire explicite, je cite : « ces dernières années, les communes n’ont pas mené les mêmes politiques de restriction budgétaire que les autres niveaux de pouvoir. Chaque Bourgmestre veut généralement lancer un nouveau service pour que son nom reste gravé dans les mémoires. Il est temps que cela cesse ». Fin de citation.
Au-delà du caractère dénigrant et inexact dont elles font montre, ces propositions sont, en ce qui me concerne, totalement inacceptables.
D’autant moins acceptables pour la Ville de Liège que notre gestion est certifiée rigoureuse et a convaincu la Région wallonne de nous libérer du poids de la dette du passé. Grâce à cela, pour la première fois cette année, nous n’avons pas dû emprunter pour assumer l’ordinaire. La population et le personnel communal ont assez payé pendant 20 ans !
Qu’on ne compte pas sur moi et sur le Collège pour recommencer un cycle de disette ou pour recréer un déficit ! La rigueur de gestion, oui, les coupes sombres budgétaires, non !
Cette volonté énoncée par quelques-uns de réfréner l’action des pouvoirs locaux est, de plus, un non sens économique.
Savez-vous que ceux-ci représentent ensemble 50 % du total des dépenses d’investissement du pays ? Il est temps de convenir ensemble qu’il n’y a pas de prospérité sans service public fort, sur lequel peuvent s’appuyer tant les citoyens en difficulté que les investisseurs privés. Dans ce contexte, il est encore un peu plus de notre devoir d’être efficace. Pour y arriver pleinement, plusieurs conditions sont à remplir. Tout d’abord, chacun partage ce constat, il faut structurer notre action à l’échelle d’un territoire pertinent : je veux parler ici d’une Communauté urbaine. La législature wallonne qui s’ouvre doit donner des outils réglementaires et financiers permettant, sous une forme à définir, la création de celle-ci. »

Encore et toujours la communauté urbaine

« Depuis près de trois ans, j’ai initié une démarche visant à bâtir une « communauté urbaine de projets » dont le pilotage politique est assuré par la conférence des Bourgmestres de l’agglomération.
Cette démarche a porté ses fruits puisque « l’entente des mayeurs » de l’arrondissement a permis, en lien avec la Province et la Région, de prendre des décisions majeures : un plan urbain de mobilité ; le retour structurant du tram ;
de grands investissements métropolitains (boulevard urbain de Seraing, Guillemins, Droixhe, Mamac, rénovation urbaine de Herstal, …) ; un projet de réseau vélos libre service ; un peloton anti-banditisme liégeois étendu à Seraing, Flémalle et Herstal.
Nous devons maintenant passer à la prochaine étape : celle de la vision spatiale commune ou, dit plus simplement, celle du rapprochement sur le plan de l’aménagement du territoire.
Le choix d’implantation d’un hôpital, d’un pôle commercial ou d’une entreprise importante doit être pris et concerté au niveau du bassin de vie dans un schéma d’ensemble.

Avec pour objectif de concentrer les fonctions dans le centre urbain, de renforcer les solidarités et de préserver les réalités urbaines et rurales qui coexistent au Pays de Liège. En bref, de faire de la région liégeoise un modèle de développement urbain. A ce sujet, je me félicite des avancées contenues dans la Déclaration de Politique Régionale. Pour la première fois, on y énonce clairement la volonté d’élaborer une politique de la Ville.
Travaillons avec le Gouvernement Wallon pour aboutir à des avancées concrètes. De même, je voudrais saluer le rôle joué par André Gilles et Paul-Emile Mottard, ce dernier au nom de l’association des Provinces Wallonnes, pour faire comprendre les plus-values apportées par le niveau provincial.
Nous veillerons aussi à ce que ce pan de la DPR soit traduit dans les faits.
Sans tarder, je propose d’articuler cette Communauté urbaine autour de quatre structures qu’il convient de rapprocher : la Conférence des Pouvoirs locaux qui rassemble désormais les Bourgmestres et la Province. Il conviendrait d’y associer des représentants Ecolo ; le GRE, pour la rencontre des forces vives économiques et sociales et la définition de la stratégie de reconversion ; la SPI +, pour la mise en œuvre ; la SLF pour le financement. »

A propos des Guilllemins…Le bourgmestre espère conduire la Ville pendant 10 ans

Nous clôturons aujourd’hui une semaine exceptionnelle d’une année exceptionnelle. De la vitalité des 200.000 jeunes de la City Parade à la joie retrouvée de voir le Standard parmi les grands d’Europe, du spectacle grandiose d’inauguration de notre gare TGV aux réjouissances des Fêtes de Wallonie, cela fait 8 jours que Liège fait la Une.
Cette semaine symbolise cette année 2009, qui comptera dans l’histoire de Liège comme celle où la renaissance de la Ville a réellement pris corps.
Rendez-vous compte….
En mars, le Grand Curtius ouvrait ses portes après plus de dix ans de gestation.
Tous ceux qui l’ont vu, et ils sont maintenant plus de 60.000, ont eu le même commentaire : « que c’est beau ! »
Les Liégeoises et les Liégeois y sont même allés de plusieurs ‘oufti’ qui ont laissé pantois plus d’un visiteur étranger !
Véritable point d’orgue de l’année, tout ce week-end, c’est l’inauguration de la gare TGV dessinée par Santiago Calatrava que nous devons à la SNCB.
Quelle en soit ici publiquement et chaleureusement remerciée.
Il n’est pas prétentieux de dire que Notre ville, mais aussi le Pays de Liège, la Wallonie et l’Euregio, possèdent désormais une des plus belles gares d’Europe, un de ces monuments symbole du renouveau.
Au-delà du coup d’œil, cette gare signifie surtout que notre ville et notre région constituent désormais un arrêt prestigieux sur la ligne à grande vitesse du nord ouest européen. Cette ligne TGV et cette gare vont donc consacrer deux valeurs qui ont toujours animé les Liégeois : celles de l’ouverture et de l’échange.
Le Maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, a eu cette phrase extraordinaire que je fais mienne : « rien n’a été déplacé et pourtant nous nous sommes rapprochés ».
Quant à la Maire de Lille, Martine Aubry, elle m’a confié qu’elle était persuadée que « ce renforcement de nos liaisons à grande vitesse ne peut qu’accélérer la mise en réseau, dans une multiplicité de domaines, des villes de l’Europe du Nord Ouest, clé d’une prospérité à la fois durable et partagée ».
J’invite tous les acteurs liégeois à profiter pleinement de ce nouvel atout et à se mobiliser, avec la ville, pour mettre en œuvre l’aménagement du quartier dans les 5 ans à venir.
Ce projet ambitieux doit se dérouler sans anicroche urbanistique, juridique ou financière.
Comme je ne laisserai pas se recréer la dette, je ne veux pas de deuxième place Saint-Lambert !
Et, comme chacun le sait, nous savons où nous voulons aller dans ce dossier.
On ne mesure pas l’ambition d’un projet au nombre de ses expropriations ! ! !
J’en appelle à tous pour faire preuve de loyauté et de dynamisme dans la mise en œuvre de ce grand projet reliant la gare à la Médiacité.
La Médiacité, parlons-en, ce sera le troisième temps fort des inaugurations liégeoises de 2009.
Ce pôle des loisirs et des médias, dont la galerie centrale a été conçue par le génial architecte designer Ron Arad, est déjà un succès avant son ouverture tant il attire le regard et les convoitises. Il constitue en outre l’autre extrémité de l’axe nouveau allant de la colline de Cointe au Longdoz sur plus d’un kilomètre.
Nous avons démontré au cours de ces 20 dernières années un dynamisme rare.
Notre redressement, notre renouveau et les signaux d’espoir donnés à notre population sont salués partout en Europe.
Ce succès, c’est le succès de toutes et tous. Cette ambition, elle a été voulue collectivement. Depuis bientôt 10 ans à la tête de la ville, j’y ai consacré toute mon énergie et je remercie toutes celles et tous ceux qui m’ont épaulé pour y arriver. Je vous invite à partager un objectif à moyen terme : faire du pays de Liège une région de pointe en Europe, foyer de culture, de créativité et de prospérité. Pour ma part, j’entends bien pleinement y consacrer les dix prochaines années de ma vie.»





Ga. L.