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Enseignement

Mis en ligne le 17/09/2009

Techni Truck


Nouvel outil didactique de la Province de Liège, pour développer et promouvoir études et métiers techniques,il a été mis en service ce mercredi par le député provincial André Gilles, sur le site de "Tech Space Aero" à Milmort

C’est sur le site de «Tech Space Aero» à Milmort (Herstal), que ce mercredi 16 septembre, André Gilles député provincial-président, ayant en charge, entre autres, l’enseignement et la formation dans ses attributions, a inauguré et mis en service, en présence des ministres régionaux wallons, André Antoine et Marie-Dominique Simonet (la photo ci-dessous), le «Techni-Truck», un semi-remorque inspiré de la célèbre émission éducative de France 3 «C’est pas sorcier», présentée par Fred, Jamy et. Sabine.
Comme le précisera André Gilles : « Au début du siècle dernier, la Province de Liège a délibérément choisi d’organiser un enseignement technique et professionnel, en créant des écoles là où les besoins les plus urgents en main- d’oeuvre qualifiée se faisaient sentir. C’est dans le domaine industriel qu’elle a tout d’abord déployé son action, dans les bassins de Herstal, Seraing, Huy et Verviers. A l’époque, en effet, en Province de Liège comme dans toute la Wallonie, pour reprendre le Chant des Wallons : « Å prumî rang, on l’mète po l’industreye. »
Aujourd’hui encore, près d’un siècle après la création de sa première école technique, — et c’était à Herstal précisément —, la Province de Liège reste fidèle à ses premiers engagements en inaugurant le Techni Truck, véhicule de promotion des métiers techniques.»

Pourquoi est-il nécessaire de promotionner les métiers techniques ?

Pour le député - président la réponse est claire : « Depuis cette époque héroïque, les choses ont bien changé. Parce qu’aujourd’hui, les métiers techniques sont en souffrance, victimes d’une image dépréciative. Les jeunes s’en détournent de plus en plus, de la même façon qu’ils se détournent des sciences et de la technologie ». Et d’ajouter «Les chiffres sont là qui confirment mes propos : dans l’enseignement universitaire par exemple, seuls 20% des inscriptions se prennent dans le domaine des sciences fondamentales et des sciences appliquées ».
Et pourtant, ces métiers techniques ont bien changé : de métiers lourds, pénibles, sales, essentiellement manuels, ils se sont transformés très largement, intégrant chaque jour davantage une composante nouvelle qu’on peut appeler la composante intellectuelle. La mécanisation du début du siècle dernier a fait place à la robotisation. La mécanique a fait place à la mécatronique. Aujourd’hui, le technicien pilote à distance et du bout des doigts, à partir d’écrans d’ordinateurs, des processus industriels de fabrication d’une complexité inouïe. Les métiers ont donc évolué, mais les mentalités sont restées attachées aux vieilles représentations de la première partie du XXe siècle.

II y a eu aussi les crises successives qui ont frappé ces secteurs. On se souviendra de la crise majeure survenue au début des années septante. A sa suite et jusqu’aujourd’hui, ce ne fut qu’une interminable succession de délocalisations, de fermetures et de restructurations d’entreprises. Ces crises ont marqué durablement les esprits. Alors que tous les secteurs de l’économie ont été concernés, très bizarrement, c’est toujours de l’industrie et de la construction, dont on parle dans les médias.
Pour André Gilles, « Une crise parmi les plus dures nous frappe depuis un an. Mais une reprise, tôt ou tard, viendra. Et l’on peut craindre le pire pour le futur de ces métiers. Car, si la situation de pénurie était déjà préoccupante avant la crise, elle le sera, à mon avis, encore plus après. Où ira-t-on chercher les électromécaniciens, les automaticiens, les électriciens, les électroniciens, les informaticiens, les soudeurs, les dessinateurs industriels ? Où ira-t-on chercher les maçons, les dessinateurs de construction, les chauffagistes, les électriciens du bâtiment ? Car, il faut bien le constater, les écoles techniques continuent de se vider année après année et beaucoup des jeunes qui rallient les filières techniques le font à la suite d’un échec dans la filière d’enseignement général. Tout ceci appelle donc l’extrême urgence et la nécessité de promotionner les métiers techniques et les filières d’enseignement y conduisant ».

Le Techni Truck est en route

"Le Techni Truck promotionne les métiers techniques liés à l’industrie et à la construction ; il s’adresse à tous les jeunes, du 3e degré primaire à la dernière année du secondaire, quel que soit le réseau d’enseignement qu’ils fréquentent ; il lie étroitement enseignement et économie, école et entreprise.
Mais le Techni Truck n’est pas un “truc” en plus.

Il a ses spécificités.
- sa mobilité :
Il va au-devant du public-cible. La Province de Liège fait circuler des bus transformés tels le Webbus ou bus SEX’Etera. Pour la promotion des métiers techniques, pourquoi pas un camion ? et plus précisément pourquoi pas un semi-remorque ? Un tracteur, comme on dit, couplé à une remorque.
- les activités proposées
Le Techni Truck, c’est du démonstratif, mais c’est aussi et surtout du dynamique. Les élèves vont manipuler. Ils vont agir. Et les manipulations qu’on leur propose, c’est du sérieux. Ils vont se rendre compte que “la” technique et “le” technique, contrairement à ce qu’ils pensent, c’est sérieux, c’est difficile, c’est exigeant.
- la philosophie générale du projet
Pour réussir des études techniques et pour exercer les métiers s’y rapportant, il faut, outre les qualités d’abstraction et de langage qu’on exige dans l’enseignement général, posséder d’autres aptitudes telles que la précision du geste, la vision dans l’espace et certain type de logique appliqué à la résolution de problèmes techniques. Bref, pour réussir des études techniques, il faut “un plus”, et non “un moins”, par rapport aux études générales. Et ce plus, ce sont les mains qui, associées à la tête, permettent par la manipulation et le concret un développement global et harmonieux de la personnalité. L’enseignement technique, par son aspect globaliste et formateur de l’intelligence, est un humanisme. Il n’a pas que des visées utilitaristes. En plus de répondre aux besoins des entreprises, ce qui ajoute à sa valeur de façon circonstancielle, il répond de façon plus globale et plus permanente aux besoins de l’être humain."

Le Techni Truck à la rencontre des jeunes et moins jeunes

Ce camion particulier va sillonner les 84 communes de la province de Liège et sera présent lors diverses manifestations telles que le Village provincial. Il s’adressera d’abord aux élèves de 6e année primaire de tous les réseaux d’enseignement. Il s’adressera ensuite aux élèves du secondaire intéressés par un choix technique après des études entamées dans un autre secteur. Il s’adressera enfin aux parents qui souvent contrarient le choix du technique fait par leurs enfants. Et en définitive, il intéressera aussi tous ceux qui de près ou de loin s’occupent d’économie, d’emplois, d’enseignement et de formation.





Ga. L. - Photos de Gérard Guissard