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Politique

Mis en ligne le 29/10/2005

A Bruxelles, 100.000 travailleurs disent "non" au gouvernement

Des dizaines d’autocars, remplis de travailleurs des trois organisations syndicales (c’est dire si le Front commun s’est ressoudé) ainsi que plusieurs trains ont quitté la Cité Ardente pour Bruxelles ce vendredi matin.
A la gare du Nord où avait lieu le rassemblement de la manifestation nationale regroupant les travailleurs de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre, plus de 600 autocars et des dizaines de trains bondés venant de tout le pays ont déversé des dizaines de milliers de travailleurs qui venaient crier au gouvernement de ne pas toucher aux pré pensions et de trouver du travail pour les jeunes.
Car, quoi que puissent en dire les membres du gouvernement, mais également les représentants patronaux, les jeunes, qui étaient très, très nombreux vendredi à Bruxelles, ont eux aussi compris que l’allongement du temps de travail pour les travailleurs actuellement en fonction, l’augmentation des années de travail prestées et l’âge augmenté pour pouvoir partir en pré retraite, n’allait pas vraiment leur permettre de trouver du travail dans un pays où l’on compte déjà quelques 600.000 chômeurs.
Lorsque les patrons parlent que cette journée de grève nationale donnera du pays, une image négative aux futurs investisseurs, 600.000 chômeurs n’est-ce pas déjà suffisant comme élément négatif. Car ces chômeurs ne demandent pas à l’être même si d’autres pensent le contraire.

Une participation historique

Ceci dit, il y avait à Bruxelles vendredi près de 100.000 travailleurs, de toutes les catégories de travailleurs, de tout le pays, ce qui, si les mathématiques sont exactes, il y avait 1 Belge sur 100, pour dire « non » au gouvernement libéral-socialiste (mais on se demande où se trouvent encore les socialistes là-dedans).
A l'issue de la manifestation, le premier Ministre Guy Verhofstadt a répété qu'il ne modifierait pas sa réforme du système des retraites, en expliquant que, après les congés de la Toussaint, des groupes de travail interministériels allaient "continuer à couler en textes de loi" la réforme.

Pour Jean-Claude Vandermeeren, le secrétaire national de la FGTB : « Ces 100.00 personnes, ce succès historique, le gouvernement ne peut l’ignorer. Le gouvernement devra revoir sa copie… »
En tout état de cause, aussi bien la grève nationale que la manifestation a été un succès. Quant à savoir ce qui va se passer par la suite…Les trois organisations syndicales espèrent un signe venant du gouvernement, faute quoi, on a l’impression qu’après concertation, d’autres actions pourraient encore voir le jour dans le pays et en « front commun ».
Ah oui, pour la petite histoire, il n’y a eu aucun incident, ni sur le parcours du cortège, ni lors des « piquets de grève » installés devant différentes grosses entreprises. Au grand dam d’ailleurs des patrons qui avaient prévu de faire intervenir des escouades d’avocats et de huissiers, même par hélicoptère, pour constater d’éventuelles atteinte au « droit au travail ».

Rappelons que ce droit au travail, pour beaucoup de jeunes qui sortent chaque année de nos écoles, de nos universités, cela reste toujours une fameuse utopie…
Nos travailleurs et nos futurs jeunes travailleurs, inquiets, les uns pour leur fin de carrière, les autres pour leur avenir, ont montré avec dignité mais aussi détermination qu’il n’avaient pas besoin d’un « pacte pour les générations futures » (concocté pour faire plaisir aux patrons, pour entrer tout droit dans la mondialisation, pour faire plaisir à l’OMC) mais qu’il existait déjà une fameuse solidarité entre ces générations et qu’il ne s’agit pas de la briser par de fallacieuses déclarations. Et c’est peut-être cela qui est le plus important.





Gaston Lecocq