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A la Province

Mis en ligne le 24/10/2008

Le Collège provincial rend un avis favorable dans le projet de classement du Trocadéro…et de la Maison Rassenfosse, rue St Gilles

Ce jeudi 23 octobre, le Collège provincial de Liège, a émis un avis favorable dans le dossier du classement comme monument du Théâtre du Trocadéro (rue Lulay des Fèbvres, 6 à Liège), un monument liégeois dont la salle de spectacle est l’unique survivante des nombreuses salles de dimension moyenne qui existaient en Cité ardente au début du 20e siècle. C’est plus particulièrement la facade à rue qui est proposée au classement (à l’exception du rez-de-chaussée). De style Art Déco, celle-ci a été reconstruite à la suite d’un incendie en 1926. La proposition de classement concerne également la totalité des toitures (y compris la charpente métallique) et la salle de spectacle (à l’exception des sièges). Les qualités du bâtiment apparaissent comme étant d’ordres historique, architectural et surtout culturel.
Historique du bâtiment…
Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, une première salle de spectacle vit le jour rue Lulay des Fèbvres, elle portait le nom de l’Eden-Strasbourg jusqu’en février 1903. C’était un café concert plus communément appelé le Strass. De 1903 à 1916, le théâtre de la rue Lulay s’appela La Renaissance. A partir de cette date, et sans jamais renoncer à son aspect music-hall, l’établissement va devenir un théâtre à part entière. Le 27 septembre 1916, la famille Ross acquiert le théâtre et prend le nom de Trocadéro. En pleine guerre, on donnait bien peu de chance au Trocadéro, mais il a connu un succès croissant. Et en octobre 1936, il fut repris par la famille Lemaire. Lambert Lemaire, auteur wallon, avec Paul Depas, écrira des dizaines de comédies et de revues qui feront le succès du théâtre. Les spectacles et évènements se succèderont à un rythme époustouflant dans ce théâtre à l’italienne, rouge et or, mettant en valeur des revues particulièrement prisées. Au cours de cette longue période, plus de 90 ans, le théâtre va développer plusieurs créneaux, les matches de catch ont fait les belles heures de l’après guerre, mais également, théâtre wallon, revues, tours de chants, humoristes et galas parisiens.

Maison Rassenfosse, rue St-Gilles

Par ailleurs, ce même Collège provincial a également émis un avis favorable dans le dossier du classement comme monument de la totalité de la Maison Rassenfosse (rue Saint-Gilles, 366 à Liège).
La maison, d’inspiration néo-renaissance mosane, conçue par l’architecte Paul Jaspar, est constituée de 3 étages. L’atelier d’Armand Rassenfosse — artiste majeur de l’Art wallon né à Liège en 1862… et pourtant méconnu par la plupart des Liégeois — accessible par une cage d’escalier de pierre depuis la voirie est situé au dernier étage, à l’arrière sous la toiture. Certains éléments de mobilier dessinés par Gustave Serrurier-Bovy (auquel la Biennale du Design organisée par le Service Culture de la province vient de rendre hommage) sont encore présents dans la pièce ainsi que plâtres et autres éléments artistiques. De nombreux éléments sont actuellement dispersés mais pourraient retrouver leur place d’origine afin de reconstituer l’atelier.
La maison Rassenfosse présente un intérêt artistique et historique. De plus, la collection de tous les documents originaux offre une rare possibilité de procéder à une restauration rigoureuse.
Historique du bâtiment…
Armand Rassenfosse a fait construire en 1899, sur une parcelle située en haut de la rue Saint-Gilles, un immeuble afin d’y installer sa famille et son atelier. Celui-ci a été conçu par l’architecte liégeois Paul Jaspar. Armand Rassenfosse, né à Liège en 1862, est principalement connu pour ses gravures et tableaux qui représentent la femme dans son monde intime. Son oeuvre s’étend pourtant à bien d’autres domaines.
Associé à l’imprimeur français Auguste Bénard, l’atelier installé dans sa maison devient le lieu de rencontre très prisé par des amis artistes, poètes, écrivains, et peintres. Il débute dans le dessin, puis se lance dans la gravure, il publie plusieurs estampes et réalise, entre autres, les illustrations des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. Au sein d’un groupe liégeois, Rassenfosse revalorise l’art de l’affiche pour finalement se diriger vers la peinture à l’huile. Décédé le 28 janvier 1934, le peintre Rassenfosse laissera pas moins de 1.430 oeuvres gravées et 162 oeuvres peintes et de nombreuses affiches.
Ces deux décisions du Collège provincial, sur proposition du Député provincial–Vice-Président Georges Pire, seront notifiées à la Commission régionale des Monuments, Sites et Fouilles à Liège.