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En Ville

Mis en ligne le 07/09/2008

Fermeture d’un quartier chaud de Liège : les bordels des rues de l’Agneau et du Champion devront être fermés d’ici le 1er avril 2009

On ne parle que de ça dans la Cité ardente : les bordels des rues de l’Agneau et du Champion devront impérativement être fermés d’ici le 1er avril 2009.
C’est dans tous les cas ce qui a été décidé lors du Collège communal du jeudi 4 septembre dernier et dont le nouveau règlement de police en la matière sera soumis au vote du Conseil communal (celui de rentrée) ce lundi 8 septembre.
On sait déjà que les groupes politiques de la majorité (PS-CDH) voteront pour et il semble que le groupe MR pourrait se rallier aussi à cette décision. Par contre, on sait déjà que le groupe Ecolo votera contre, comme l’a laissé entendre le conseiller Alain Leens que nous avons croisé en coup de vent et qui nous disait : «Je rappellerai au bourgmestre qu’en 2005 il avait bien dit qu’on ne fermerait pas les salons de des deux rues… » .
Ceci étant dit, à l’issue du dernier Collège, le bourgmestre Willy Demeyer nous avait expliqué : Le Collège communal a constaté que le quartier “Cathédrale-Nord” était devenu un lieu d’insécurité permanente due principalement à la prostitution et à la toxicomanie.
C’est pourquoi le Collège proposera la fermeture des salons présents dans les rues de l’Agneau et du Champion. Une quinzaine d’établissements problématiques (night shop, peep show, sandwicheries etc ;;;) dans le quartier sont aussi concernés par l’opération. Il est prévu que cette réglementation entre en vigueur le 01 avril 2009.»
Et d’ajouter : « Cette mesure n’est pas un acte d’autorité. Elle est la conséquence d’une longue réflexion et d’une stratégie mise en place avec le Parquet, la Police et les associations de terrain. Malgré quelques nuances, le constat est invariablement le même: le quartier devient un lieu d’insécurité permanente pour la population et… pour les prostituées elles-mêmes ! Il n’est plus tolérable de permettre de tels agissements et de tels trafics en plein centre-ville. »
En pour contrer toutes critiques, Willy Demeyer ajoutera : «Le Collège tient à ce que cette opération se passe au mieux pour les personnes concernées. Il désire associer les personnes qui s’occupent de prévention sur le terrain de la prostitution au suivi et à l’aide des prostituées qui quitteront le quartier. »
Il précisera aussi : « Par ailleurs, cette opération n’est pas directement liée à la création d’un Eros Center. Cependant, le Collège demande au groupe de travail qui planche sur le sujet d’accélérer ses travaux et de dire si l’idée d’un tel établissement est fondée et, dans l’affirmative, de proposer un endroit où il pourrait s’installer.»
Enfin, le bourgmestre a rappelé que, selon lui, ce dossier de la prostitution ne concerne pas que la Ville de Liège mais bien tout l’arrondissement.
On pourrait, sur ce sujet, épiloguer à perte de vue, ouvrir une polémique pas croyable, mais je ne le ferai pas.
S’il est vrai que le sujet de la prostitution dans les villes et de la prostitution tout court, engendre une hypocrisie pas croyable, tant du chef des opposants que de ses défenseurs, il n’en demeure pas moins que si une ville à l’ambition de requalifier un quartier et de faire en sorte que celui-ci redevienne un lieu plus fréquentable (ce ne sont sûrement pas les prostituées qui sont infréquentables, mais bien la faune, surtout à Cathédrale-Nord, qui gravite autour), on ne peut l’en blâmer. Quant à savoir si c’est à une Ville (et donc à tous les citoyens de cette ville) de prendre en charge la création d’un Eros center ou de toute autre infrastructure permettant la prostitution en toute sécurité, il y a un fossé que je ne permettrai pas de franchir. Je pense qu’il y a en ce moment d’autres priorités bien plus urgentes. Quant à la lutte contre la toxicomanie, vous connaissez mes positions (je suis pour une libéralisation de toutes les drogues et sa distribution sous contrôle médical pour casser le commerce illicite et son prosélytisme) on n’est à Liège, mais aussi ailleurs, nulle part, et ce n’est pas demain que les narcotrafiquants seront en faillites.





Gaston LECOCQ