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Musique

Mis en ligne le 24/10/2005

Musiques classique et lyrique à l’O.R.W : Luisa Miller - un opéra de Verdi, joué pour la première fois à Liège

Après les deux intégrales du « Ring » de Richard Wagner, l’Opéra Royal de Wallonie retournera, le mois prochain, au répertoire italien de la même époque, avec une œuvre de Giuseppe Verdi, créée à Naples en 1849 et qui sera, pour la première fois, jouée à Liège, dans une production de l’Opéra de Montpellier.
Après notamment « Nabucco » en 1842 et « Macbeth » en 1847, la « deuxième manière » de Verdi s’ouvre avec cet opéra (inspiré d’une pièce de Friedrich Schiller, intitulée « Kabale und Liebe », adaptée par Salvatore Cammarano) qui annonce « Rigoletto » en 1851, « La Traviata » en 1853 et qui se poursuit la même année avec « Le Trouvère », tandis qu’ « Aïda » en 1871 inaugure une « troisième manière » qui triomphe dans « Otello » (1887) et « Falstaff » (1893).
« Luisa Miller » est une sorte de roman de cape et d’épée. Les amours de Luisa, fille d’un vieux soldat nommé Miller, et de Rodolfo, fils d’un comte qui veut le marier à une duchesse et dont le favori Wurm est jaloux de Luisa, finiront par le suicide en commun des jeunes amoureux. Intrigues, chantages, mensonges et emprisonnements se succèdent jusqu’à cette conclusion tragique mais ce drame aussi romantique que Roméo et Juliette est psychologiquement plus complexe que le fanatisme exacerbé de Macbeth.
L’orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie sera dirigé par le chef milanais Giuliano Carella tandis que les chœurs seront conduits par leur chef habituel Edouard Rasquin, le plus liégeois des Maastrichtois. La mise en scène sera assurée par un homme de théâtre français, adepte de Tchékhov, Beckett et Brecht : Jean-Claude Fall qui sera secondé par Martine André pour la mise en lumières et qui s’entourera de deux nouveaux venus à Liège pour les décors et les costumes : Gérard Didier et Agostino Cavalca.
Les deux principaux rôles féminins seront joués par des artistes qui se produiront pour la première fois à l’O.R.W. : l’argentine Virginia Tola sera Luisa Miller (elle fut l’invitée de Placido Domingo à Mexico et incarna la « Mimi » de « La Bohème » au Japon avec le Teatro Regio de la ville italienne jumelée à Liège : Turin) et l’italienne Laura Brioli (qui s’est illustrée notamment avec l’Opéra du Rhin).
Le ténor qui jouera le rôle de Rodolfo sera d’origine hawaïenne : il s’agit de Keith Ikaia Purdy tandis que le père de Luisa sera un baryton « verdien » très estimé chez nous : Marcel Vanaud.
La distribution sera complétée par Magali Mayenne, Wojtek Smilek, Léonard Graus et Guy Gabelle.
Les cinq représentations auront lieu en novembre au Théâtre Royal de Liège, les 18, 22, 24 et 26 à 20 heures et le 20 à 15 heures.

Un récital Ludovic Tézier

C’est aussi au Théâtre Royal, le vendredi 25 Novembre à 20 heures, que le jeune baryton français Ludovic Tézier (accompagné au piano par Robert Gonnella) interprétera « Dichterliebe » de Robert Schumann puis trois mélodies d’Henri Duparc (« L’invitation au voyage », « L’extase » et « La vie antérieure »), ensuite « L’horizon chimérique » de Gabriel Fauré et, enfin, l’air de « Don Quichotte à Dulcinée » de Maurice Ravel.
Ludovic Tézier avait été, l’an dernier, très apprécié à l’O.R.W. pour son interprétation de Don Giovanni et il avait déjà séduit le public liégeois lors de la saison 2001-2002 quand il incarnait Alphonse XI dans la version française de l’opéra de Donizetti « La Favorite ».
Une voix remarquablement posée – sans hésitations, ni ostentation –, un phrasé servi par une diction parfaite permettent à Ludovic Tézier de ciseler impeccablement les textes qu’il chante.
L’après Wagner ne manquera donc ni d’intérêt, ni de pouvoir de séduction.






Jean-Marie Roberti