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Société

Mis en ligne le 23/12/2007

APPEL DU CRACPE A UNE PRESENCE CE LUNDI 24 DECEMBRE AUTOUR DU CENTRE FERME DE VOTTEM entre 16 heures 30 et 18 heures 30 - Pour éclairer la face cachée de la politique d'asile et d'immigration les centres fermés pour étrangers, les arrestations et expulsions, qui se poursuivent de plus belle en période "d'affaires courantes"!

APPEL DU CRACPE A UNE PRESENCE CE LUNDI 24 DECEMBRE AUTOUR DU CENTRE FERME DE VOTTEM entre 16 heures 30 et 18 heures 30:
éclairons la face cachée de la politique d'asile et d'immigration, les centres fermés pour étrangers, les arrestations et expulsions, qui se poursuivent de plus belle en période "d'affaires courantes"!

La période des "fêtes" est là; celle de différents moments conviviaux, en famille ou avec les amis ... Pour nous c'est aussi un moment de solidarité important avec tous ceux qui ne peuvent vivre comme nous ces moments, parce qu'enfermés dans des centres en vue de leur expulsion...
Nous voulons leur transmettre un message d'espoir . Et en continuant à nous mobiliser contre l'arbitraire, la politique de l' Etat belge en matière d'asile et d'immigration qui bafoue les Droits Humains, nous voulons qu'il y ait pour eux aussi, avec nous, un moment de lutte et de fête, fête de la résistance et de la solidarité.

Deux années de mobilisation ininterrompue des sans papiers depuis l'occupation de l'église Saint-Boniface à Bruxelles à partir de novembre 2005... Deux années de vaines promesses: on allait discuter au Parlement de régularisation lors de la discussion de la réforme de la procédure d'asile en juillet 2006! On allait obtenir une régularisation après les élections de 2007....
Les accords orange-bleue ont accouché d'une toute petite souris en matière de régularisation, déjà ensevelie sous les décombres des négociations! Palabres, palabres et les sans papiers attendent toujours leur régularisation! Ils sont victimes comme le reste de la population de l'immobilisme, de la hausse du coût de la vie qui les atteint de front dans leur précarité... Ils étaient à Bruxelles ce samedi 15 décembre!
Pendant ce temps, l'Office des Etrangers continue de travailler, très efficacement: réponses négatives aux demandes de régularisation, arrestations, mises en détention, expulsions toujours violentes! La demande de moratoire sur les expulsions en attendant qu'un accord intervienne sur la régularisation n'a pas été prise en compte par le gouvernement en "Affaires Courantes". Des personnes sont expulsées aujourd'hui qui pourraient être régularisées demain. Il faut que très vite, dans le futur gouvernement quel qu'il soit, et face à ce gouvernement, les partis qui ont pris des engagements en faveur d'une régularisation, suivant les propositions de l'UDEP et des autres mouvements de sans papiers, les mettent en pratique!

Comme chaque année, nous aurons des bougies à déposer et allumer tout autour du centre, signe de solidarité et surtout lumière pour éclairer ce que le citoyen ne voit pas , les centres fermés pour étrangers dissimulés loin des centres - villes, symboles de la politique d'enfermement et d'expulsion mise en place par les gouvernements qui se sont succédés depuis le début des années 90...

Pour, encore une fois,

Faire la lumière sur...
• le fait que dans les centres fermés pour étrangers se trouvent des personnes qui n'ont commis aucun délit, que ces centres sont en réalité des prisons, ou "camps de la honte...".
• le fait que des enfants sont détenus et souffrent, que la Belgique ne respecte pas la Convention des Droits de l'Enfant
• le fait que l'actuelle politique restrictive en matière d'asile et d'immigration signifie l'expulsion vers la dictature, la guerre, la misère... le déni des attaches qui ont été créées en Belgique.
Eclairer aussi une autre face cachée de cette politique: elle génère la clandestinité.

De par le monde, tous ceux qui craignent les persécutions, toutes les victimes des guerres, de la détérioration des conditions de vie liée à la mondialisation de l'économie, bientôt les réfugiés victimes du réchauffement climatique ..., continueront à chercher asile... Une petite partie d'entre eux parviendra jusqu'en Europe. En Belgique, et dans d'autres pays de "l'Europe forteresse", parce qu'ils ne peuvent obtenir le droit au séjour, ils n'ont d'autre choix que la clandestinité, c'est-à-dire la précarité, et souvent l'exploitation, par différents réseaux.
Nous soulignons que de manière cachée, l'économie belge se nourrit quotidiennement de cette exploitation sans que les patrons des firmes soient jamais réellement inquiétés... Par contre, nous constatons ces dernières semaines, en région liégeoise plus particulièrement, des arrestations de sans papiers sur leur lieu de travail, lors de visites de l'inspection du travail qui fait appel à la police fédérale lors de ces contrôles. Pour nous il s'agit d'un abus vis-à-vis de personnes précaires et surexploitées. Un témoignage d'une personne détenue à Vottem: il était engagé avec un contrat pour 4 heures par jour payées 4 heures, prestations réelles: 12 heures!
Face à cette situation, nous réclamons, avec les organisations de sans papiers et leurs soutiens, notamment les organisations syndicales, la régularisation des sans-papiers : permis de travail et de séjour! Cette surexploitation ne tient que grâce à la menace constante d'arrestation, de détention et d'expulsion et à la précarité entretenue . Les travailleurs "avec papiers" en pâtissent eux aussi; car on trouvera toujours facilement un travailleur taillable et corvéable à merci pour les remplacer dans différents emplois tant que ce double marché du travail se maintiendra (construction, textile, Horeca, services domestiques et aux personnes, agriculture...)

Le 24 c'est la veille de Noël; nous serons là avec nos bougies, et vous pouvez en apporter pour en ajouter, mais nous voudrions aussi offrir notre "cadeau" . Chaque semaine, les moyens actuels du CRACPE permettent d'envoyer un dizaine de cartes téléphoniques, parfois un peu plus; cependant chaque semaine, ce sont des dizaines de cartes qui nous sont demandées. Voilà pourquoi nous vous demandons, si possible, de venir le 24 avec une carte téléphonique à 5 euros ( Belgacom exclusivement; les autres cartes ne fonctionnent plus à Vottem!).
La carte téléphonique est le moyen pricipal de communication des personnes détenues avec l'extérieur, leur famille, leurs amis, les collectifs ... Vous pouvez également verser sur le compte du CRACPE: 000-0659195-80 avec la mention "cartes téléphoniques".

En vous remerciant d'avance pour votre présence, même seulement quelques minutes, entre 16H30 et 18H30.