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Théâtre

Mis en ligne le 14/07/2007

Vu pour vous au VTS


Habituellement je n’aime pas ce qui touche à la mort ou à la disparition d’un être cher voire d’inconnus. La mort c’est le néant et le néant ne m’inspire pas vraiment, puisque ce n’est rien.
Mais, j’ai dérogé à la règle. Pour une fois, je me suis intéressé à ce sujet quelque peu difficile en assistant mercredi soir, dans la superbe salle Prume de l’Abbaye de Stavelot, à la première des «VTS», encore mieux connus sous l’appellation de « Festival Vacances Théâtre de Stavelot ». Et une fois encore, Pol Deranne, l’infatigable patron du Théâtre Royal de l’Etuve ne s’est pas trompé dans son choix.
En effet, ce « seule en scène » de Lorette Goosse que beaucoup (hélas pas moi) avaient déjà découverte dans « Oups » qui l’a d’ailleurs amenée de la Samaritaine (Bruxelles) au Festival d’Avignon est un véritable petit chef d’œuvre tant au niveau de la mis en scène que du décors sonore et surtout évidemment des textes.
Pendant près d’une heure et demie, Lorette Goosse parvient à se mettre dans la peau d’une bonne douzaine de veuve. Comme je le disais plus haut, un sujet particulièrement abrupt. Mais pas pour Lorette.
Ces veuves, paraissent plus vivantes que jamais et excepté l’une d’entres elles qui avait vraiment, alors là tout à fait, le vague à l’âme et une véritable tristesse pour l’être disparu (comme quoi l’on peut être comique et aussi être tout à fait désarçonné vis-à-vis du départ de son amoureux).
C’est tambour battant que l’on a vu défiler des veuves hilares, ivres et même alcolo, des veuves remariées etc…
On ne s’attend pas non plus à vivre le pragmatisme d’une veuve trouvant que l’avis nécrologique d’un « canard » de Bouillon (sur le Semois) et qui parvient à placer un appel pour la vente de la boîte à outil (complète) de son défunt époux.

On rira aussi à gorge déployée lorsqu’une veuve acceptera l’invitation (bin quoi quand on a déjà veuvé et pleuré pendant 7 mois) de participer à une soirée «Tupperware» enfin croit-elle, mais qui se révèle être une soirée destinée à la vente d’articles quelques peu coquins…
Elle campe à merveille la muti-veuve a aussi hérité d’une flopée de marmots (18) et explique à son futur nouveau mari que cela suffit. Il y a aussi la veuve femme d’affaire qui a inventé le protège slip noir pour le deuil, etc…etc.
Mais la cerise sur le gâteau, (faut-il vraiment déflorer ce spectacle qui sera vraisemblablement à l’affiche à l’Etuve la saison prochaine et qu’il ne faut pas rater ?) ce sera quand Lorette se mettra dans la peau d’une reine espagnole dévote et qui se rappellera que son époux aussi dévot qu’elle est peut-être mort d’agacement à propos d’un défaut de prononciation de sa charmante à propos des B et des V. C’était à pisser dans son pantalon.
En présentant ces 42ème VTS Pol Deranne expliquait qu’ils seraient moins longs que les années précédentes (le temps de se remettre en question et de trouver des partenariats et des associations avec d’autres festivals intéressants) mais qu’à tout le moins, la qualité y serait. Ce premier spectacle «Black and White» avec Lorette Goosse en est la confirmation.





Gaston Lecocq