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Politique

Mis en ligne le 27/05/2007

Elections législatives fédérales du 10 juin (I)


Depuis 2000, « Proxi-Liège » - premier journal liégeois sur le Net – apporte de l’information non seulement aux habitants de la province de Liège mais également à nos concitoyens expatriés à travers le vaste monde. Moins largement « arrosé » de pub électoral que nous, ils sont un peu démunis devant le bulletin de vote qui comprend simplement des noms ranges sous un numéro, un logo, un sigle. Pour répondre à leur attente, cet article leur est spécialement dédié. Treize mille quatre cent septante deux expatriés (6.584 hommes – 7.238 femmes) ont choisi la circonscription électorale de Liège en vue de participer aux élections législatives fédérales du 10 juin. Le 18 mai 2003, ils étaient 13.232 soit une augmentation de 240 (1 % 81).

Aux élections fédérales, un coquetel de candidatures.

L’article 1er de la Constitution stipule : « La Belgique est un État fédéral qui se compose des communautés et des régions ». Le 10 juin ont lieu les élections législatives fédérales. Les élections régionales sont prévues en juin 2009. Un esprit cartésien voudrait que sur les listes fédérales ne figurent que des candidats ayant vocation de siéger au niveau fédéral. Il en serait de même sur les listes régionales ne figurent que des candidats ayant vocation de siéger au niveau régional. Les lois fédérales n’ayant pas prééminence sur les décrets ou ordonnances régionales, « l’ego » de chacun, quelque soit sa vocation fédérale ou régionale, est respecté.

Mais, en Belgique, il n’existe plus de partis fédéraux ou nationaux. Ils ont disparus à l’heure où le fédéralisme allait devenir une réalité inscrite dans la Constitution. Fini le temps où les électeurs liégeois élisaient le gantois Edouard Anseele et où le PSB s’affichait «Uni et fort» face à l’émergence de partis communautaires. Aujourd’hui, lorsqu’il y a, au gouvernement fédéral, une coalition dite « bipartite », en réalité, elle est « quadripartite ». Nous nageons en pleine confusion. Les partis en ajoutent encore en plaçant sur leurs listes fédérales, des ministres ou des élus régionaux, voire un Commissaire européen, sans compter la présence de « candidats d’ouverture » dont Vincent de Coorebyter dit : « l’apparition des candidats d’ouverture est du en partie à un discrédit de la vie politique » (1).
La situation est telle que, à l’exception de Jean-Claude Marcourt (gouvernement wallon) et des quatre ministres du gouvernement germanophone (Karl-Heinz Lambertz, Bernd Gentges, Oliver Paasch, Isabelle Weykmans), l’ensemble des ministres membres des gouvernements wallon, bruxellois et communautaire est candidat aux élections législatives fédérales. Ces gouvernements sont au pouvoir jusqu’en 2009. Sont également candidats aux élections législatives fédérales, six « sénateurs de communauté » sur les dix de la Communauté française. Leur mandat s’achève en juin 2009 ! Sans parler du Commissaire européen et de la foultitude des députés régionaux dont le mandat expire en juin 2009.

Les raisons d’être du coquetel des candidatures.

Il est légitime de se poser la question de savoir pourquoi les partis confectionnent de la sorte leurs listes de candidats ? Pour gagner les élections, il convient de ramasser des voix. Donc, la notoriété et la popularité des candidates et candidats comptent. Le rôle de « l’image » - « image » acquise en TV ou dans les medias – est primordial pour « faire des voix ». Placer en « suppléance », un Commissaire européen, des ministres régionaux, des « sénateurs de communauté », des députés régionaux n’a en soi, rien de peccamineux. Elles, ils sont là pour « faire des voix ». Et on peut que sourire en lisant sur le tract d’une « sénatrice de communauté » 9ème suppléante: « la dernière suppléance est une place très importante, c’est une véritable place de combat ».

Nous serons plus circonspects, en voyant les partis placer en « titulaires » des ministres régionaux, un Commissaire européen, des « sénateurs de communauté », des députés régionaux. Cette pratique ouvre la voix à la « combinazione », aux manœuvres d’appareils de partis au mépris de la volonté des électeurs dont, chaque parti l’assure, « la voix doit être écoutée ».
Quelques exemples ? Le premier est donné par un éminent constitutionnaliste, Francis Delpérée, « sénateur de communauté » qui emmène la liste cdH au Sénat. Le 10 juin, le Collège électoral français désigne 15 « sénateurs directs ». Il ne fait aucun doute que Francis Delpérée soit élu «sénateur direct». Le soir du 10 juin, il dispose de deux mandats de « sénateurs », soit un de trop. S’il met à la disposition de son parti, le mandat de « sénateur de communauté », il abandonne son siège de député régional bruxellois. Dans cette hypothèse, Hamza Fassi-Fihri, 4ème suppléant élu le 13 juin 2004 – président des Jeunes cdH - lui succède au Parlement bruxellois et rien ne l’empêche de suivre le même parcours que son prédécesseur, parcours qui appartient à la discrétion de l’appareil du parti et de sa présidente, Joëlle Milquet.
En revanche, si Francis Delpérée met à la disposition de son parti, le mandat de « sénateur direct » celui-ci échoit à la liégeoise Vanessa Matz, 1ère suppléante élue le 10 juin 2007 – directrice politique du cdH. Quel dilemme pour Joëlle Milquet !
Autre exemple, dans la circonscription électorale du Brabant wallon, la liste cdH est conduite par le ministre wallon André Antoine. «Si je suis élu député fédéral, je ne siège pas, je me consacre à la Wallonie » a-t-il proclamé au micro de Pascal Vrebos, à RTL-TVI. Des propos qui permettent à la 1ère suppléante, Brigitte Wiaux de caresser l’espoir de retrouver son siège à la Chambre.
D’autres exemples, moins patents car susceptibles de dépendre d’autres facteurs, peuvent se trouver dans les autres partis «traditionnels». Ainsi, si le PS maintient Marie Arena à la tête du gouvernement de la Communauté française, le 1er suppléant sur la liste socialiste de la circonscription électorale du Hainaut, Bruno Van Grootenbrulle – peu familier des écrans TV – est assuré de siéger à nouveau à la Chambre.

Au-delà des partis « traditionnels », il y a les autres dont le R.W.F.

Outre les partis « traditionnels » - cdH (n°3), MR (n°5), PS (n°7), Ecolo (n°10) – d’autres formations politiques tel le Rassemblement Wallonie France (RWF – n° 14) présentent aux suffrages des électeurs des listes complètes au Sénat, dans le collège électoral français, et à la Chambre, dans les six circonscriptions électorales de Wallonie-Bruxelles. Dans la circonscription électorale de Liège (742.233 électeurs inscrits), Yves Pierlot emmène la liste RWF suivie de Gaëlle Polis. Le président du RWF, Paul-Henry Gendebien est en tête de liste au Sénat. Sur la liste 14, figure notamment la virologue de réputation internationale Lise Thiry et le philologue, membre de l’Académie royale de Belgique, Marc Wilmet.

L’objectif du RWF est de reconstruire la Wallonie et Bruxelles aux côtés de la France. « Notre devoir, déclare Paul-Henry Gendebien, est de nous y préparer dès maintenant. Un peuple prévoyant pense activement à son avenir et à celui de ses enfants. Si la Wallonie devient française, elle gardera de bonnes relations avec la Flandre indépendante, comme avec les autres régions voisines ». Ou comme le déclare un militant RWF : « Moi aussi, je suis Belge et le resterai comme on pourrait être Breton ou Alsacien... Tant que l'Europe ne peut être vraiment vécue comme un pays, je préfère être Français que colonisé par une Flandre qui ne reconnaît d'ailleurs même plus la Belgique. Ouvrez les yeux ! Open uw ogen ! ».
A ce jour, le RWF n’a pas encore d’élu mais comme l’a dit Charles de Gaulle ; « Ce qui est salutaire à la nation ne va pas sans blâme dans l’opinion, ni sans perte dans l’élection ».

Attribution et dévolution des sièges

Pour être admis à l’attribution des sièges, il est nécessaire d’avoir obtenu 5% des votes valables. L’attribution se fait entre partis admis dont le chiffre électoral est successivement divisé par un, deux et ainsi de suite. Le 13 mai 2003, dans la circonscription de Liège, 14 listes se sont présentées. Ensemble, elles ont obtenu 607.249 votes valables. Aucune des dix listes totalisant 66.879 suffrages (11% 01) n’a atteint pour sa part, les 5% permettant l’admission à l’attribution des 15 sièges en lice.
Les quatre listes admises – MR (186.582 suffrages), ECOLO (46.026 suffrages), cdH (91.469 suffrages), PS (216.293 suffrages) – se sont vues attribuer, au mode proportionnel, respectivement 6, 1, 2, 6 sièges.
Après l’attribution, vient la dévolution des sièges. Au MR, cinq sièges ont été dévolus aux cinq premiers de la liste, le sixième étant dévolu au candidat placé en quinzième position. Au cdH, au candidat présenté en troisième position, a été dévolu le deuxième siège attribué à la liste. Au PS, la dévolution a été plus complexe. Les trois premiers sièges attribués ont été dévolus aux trois premières candidatures, le 4ème et 5ème aux candidats présentés en 14ème et 15ème position. Quant au sixième siège attribué, il a été dévolu au candidat placé en 4ème position. A vos calculettes . . . (à suivre)

Pierre ANDRÉ

(1) Vincent de Coorebyter, directeur du Centre de recherche et d’information socio-politique (CRISP) in « La revue Aide-Mémoire », n° 40, avril-juin 2007.