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Culture

Mis en ligne le 21/02/2007

Apollinaire : des retrouvailles inattendues


Stavelot peut s’enorgueillir du musée Apollinaire. Heureusement qu’il s’enfuit sans payer la note d’hôtel.
Viennent d’être retrouvés deux poèmes de ce poète génial englué nationalisme des tranchées de 1914, alors qu’il était un véritable libertin, plus proche du surréalisme que des ganaches en tenue de boutons de guêtres.
Cette découverte de poèmes, la revue « Mémoires des hautes Ardennes » en fait sa « une » et lui consacre un numéro spécial à la fois très humain et très analytique (1)
Bruno Kehl, Marie Claire Lejoly, Richard Villers, Catherine Righi, Patrice Lefebvre ont participé et illustré ce rebondissement poétique.
Apollinaire en l’été 1899 est un jeune homme amoureux qui découvre nos Ardennes. Il a 19 ans, court les cabarets, assiste aux séances d’une société littéraire et fréquente les jeunes filles du quartier, installé en compagnie de son frère, au bas de la rue neuve dans la pension tenue par Mr et Mme Joseph Constant.
Maria Dubois l’accroche davantage que les autres jeunes filles. Amoureux, il lui écrit… Sommé de rejoindre Paris par leur mère, les deux frères sans le sou, la mère était pratiquante du stratagème partent à la cloche de bois… L’histoire est connue et est devenue légendaire. Dès 1934, les cartes postales envoyées à Wilhem de Kostrowitzky, révèlent leur secret. Il s’agit d’Apollinaire…
Le musée actuel est une merveille et son aspect didactique fut d’ailleurs appuyé par des chercheurs français… Entre autre le « Sorbonnard » Michel Decaudin décédé récemment.

Un carnet à fermoirs

On croyait tout savoir et bien non… Le centre de recherches historiques et environnementales de la Haute Ardenne vient de tomber sur des textes perdus…
L’objet, un carnet à fermoir avait été identifié en 1934… Il contient encore 24 pages, les deux textes d’Apollinaire qui manquaient à cette pyramide de la poésie, ne sont pas datés constate Bruno Kehl. « D’autres poèmes repris dans ce carnet ont été écrits entre 1897 et 1898. »
La découverte est cocasse mais tient du destin. Bruno Kehl un dimanche de novembre n’ayant pas réservé le repas du musée de Wanne par pure distraction, prend table au restaurant «Ô Mal Aimé», qui est le symbole gastronomique d’Apollinaire à Stavelot. Le patron, Fabien Henrard, investissait tout autant lors du festival de théâtre de Pol Deranne…
Rencontre autour d’une bonne table et d’une ambiance. Un chercheur tombe toujours sur un conservateur d’anciens objets ou documents qui plus est descendant de l’aubergiste de l’époque où Apollinaire y séjourna. Il suffisait de faire authentifier…
Pourquoi une telle émotion dans la découverte de deux poèmes ? Il faut savoir que les documents abandonnés par Apollinaire étaient nombreux et on subi une fin très anonyme…
A l’époque des faits, brouillons, textes ont servi à allumer le poêle de la cuisine… Ce grand poète n'était qu’un voyageur désargenté de famille noble polonaise…
Pire son amoureuse qui avait conservé une centaine de poèmes, pendant 20 ans, les avait brûlés …
Restait la légende d’un carnet existant mais dont on ne savait où il se trouvait… C’est maintenant chose faite.
Rêvons auprès d’Apollinaire qui séduisit nos jeunes filles d’Ardennes pour l’éternité.
« Rêvez comme rêvent toutes les jeunes filles ; grisez vos rêves verts de l’espoir de baisers ; un jour ces frais baisers à saveur de myrtilles et de fraises de bois, de raisins écrasés, ravis et ravissants uniront vos deux bouches, ils seront long et beaux et vos lèvres farouches »

(1) «Mémoires de Hautes Ardennes». Abonnement annuel 10 euros. Contacter Bruno Kehl. Courriel brunokehl@swing.be
Le numéro 94 contenant la reproduction des deux acrostiches d’Apollinaire retrouvés est disponible au prix de 5 € plus frais envois.





Jean-Pierre Keimeul