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Musique

Mis en ligne le 27/09/2005

ENTENDU POUR VOUS: Introspections par Stéphane Detournay sur l’orgue restauré de notre salle philharmonique.

Ce mardi 27 septembre, la deuxième soirée du Festival inaugural de l’orgue restauré de notre Salle philharmonique a permis d’entendre Stéphane Detournay dans des œuvres marquées par leur caractère introspectif , qu’elles aient été liturgiques, mythologiques ou improvisées par l’organiste.
Comme l’ancien député permanent provincial Henri Fléron est de Fléron et comme le Bourgmestre de Nandrin s’appelle Joseph Nandrin, Stéphane Detournay est, tout aussi logiquement, né à Tournai.
Elève du Liégeois Joseph Schoonbroodt à Bruxelles, docteur en musicologie de Lille, directeur de l’Académie de musique Saint-Grégoire … de Tournai, ancien professeur d’orgue à Mons, enseignant en musicologie et chercheur à l’Université de Lille, Stéphane Detournay est un des organistes qui a conseillé la restauration de l’orgue Schyven..
Il a d’abord joué le poème symphonique « Orphée » que Franz Liszt transcrivit pour l’orgue en 1854. Cette composition mythologique et romantique veut illustrer l’effet civilisateur des arts qui devraient vaincre instincts brutaux ou cœurs endurcis.
Ensuite, Stéphane Detournay interpréta la fantaisie qui constitue la cinquième et dernière partie de l’office du neuvième dimanche après la Pentecôte que Charles Tournemire (successeur de César Franck aux orgues parisiennes de Sainte-Clotilde) composa en 1932. Cet extrait intitulé « Supplications et fugue modale » expose avec exaltation des luttes intérieures passionnées. Après avoir présenté deux brèves esquisses grégoriennes (« Iesu nostra redemptio » et « Veni Creator ») qu’il a écrites en 1995, l’organiste picard en vint au plat de résistance de son récital : l’interprétation de cinq des quatorze stations du « Chemin de la Croix » (1931 – 1932) d’abord improvisées à Bruxelles, sur un texte de Paul Claudel, puis recomposées à Paris par Marcel Dupré, célèbre organiste français de l’entre deux guerres, spécialiste de Bach et admirateur de Wagner.
Ces cinq stations décrivent Jésus chargé de la croix, tombant sous son poids, dont le visage s’imprègne sur le suaire que lui a tendu la pieuse Véronique, consolé par les filles d’Israël qui le suivent et, enfin, mis dans le sépulcre.
Enfin, Stéphane Detournay conclut son concert par une improvisation.
Sans être tout-à-fait pleine, la salle était bien garnie. La scène aussi… qui restait encombrée de chaises et de quelques instruments lourds suite à une répétition de l’orchestre.
Cette situation relève d’une désinvolture qui, même mineure, est toujours regrettable. Ce récital où l’extériorisation était généralement bridée par la profondeur d’un contenu intériorisé eut des moments forts comme le prélude de Liszt mais des œuvres comme la « fantaisie » ( ?) de Tournemire ou « Le chemin de la Croix » de Dupré paraissent avoir mieux leur place (éventuellement en maintenant un récitant) dans l’atmosphère recueillie d’une église que sur une scène de concert.
L’improvisation finale mit,jusqu’à son long fortissimo puis ses dernières notes apaisées, en valeur les potentialités de l’orgue rénové du Philharmonique.
Et ce Festival inaugural est à suivre jusqu’à dimanche, selon le programme que vous pouvez toujours consulter par ailleurs.





Jean-Marie Roberti