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Musique

Mis en ligne le 26/09/2005

ENTENDU POUR VOUS: L'ouverture de la saison de l'O.P.L.

Avec Benoît Mernier, premier des huit organistes de la semaine inaugurale, notre Salle Philharmonique a enfin retrouvé son grand orgue ce lundi soir.
En début de soirée ce lundi 26 Septembre, la Salle Philharmonique du Boulevard Piercot à Liège a, enfin, publiquement retrouvé le seul grand orgue de concert en fonction dans notre pays, celui créé par Pierre Schyven en 1888, et dont les 3.676 tuyaux furent rénovés ou remplacés et harmonisés, pendant trois ans et demi par deux manufactures d’orgues (dirigées par Dominique Thomas à Ster-Francorchamps et par Georg Westenfelder à Lintgen au Grand-Duché) pour un prix qui approche les 25 millions d’anciens francs belges, pris en charge à près de 80,% par la Région wallonne (voir notre article du 20 août dernier).
Après une quinzaine d’années de silence, c’est Benoît Mernier qui eut l’honneur de devenir le premier des huit organistes qui vont, jusqu’à ce dimanche, faire entendre les harmonies d’un instrument exceptionnel et animer un Festival inaugural dont sept des neuf manifestations sont – rappelons-le – gratuites (voir notre article,consacré à l’inauguration de la saison de l’O.P.L. et de l’orgue de la Salle Philharmonique).
Ce professeur de notre Conservatoire a choisi un récital composé de sept pièces pour orgue :le prélude de la suite (opus 5) dédiée en 1933 par Maurice Duruflé à son maître Paul Dukas ;ensuite, une autre suite achevée en 1936 par Jehan Alain qui, décédé prématurément au début de la seconde guerre mondiale, était le frère aîné de l’organiste Marie-Claire Alain ; puis l’Allegro, extrait de la sixième Symphonie (opus 42), de Charles-Marie Widor, titulaire des orgues prestigieuses de Saint-Sulpice à Paris et successeur de César Franck à la tête de la classe d’orgue du principal Conservatoire français, 6ème symphonie que son compositeur avait jouée lui-même à Liège dans sa version concertante le 1er mars 1890 lors du premier concert inaugural de l’orgue Schyven et - après deux des cinq « Inventions » composées de 1998 à 2001 par l’organiste Benoît Mernier, lui-même - le deuxième des trois chorals composés en 1890, quelques semaines avant sa mort, par César Franck, dont ce fut le testament musical et, enfin, la brillante Toccata du liégeois Joseph Jongen.
Devant un public nombreux, le Directeur Général de l’Orchestre Philharmonique, Jean-Pierre Rousseau, parla d’une « soirée historique », remercia chaleureusement les véritables artistes que sont les facteurs d’orgue, souligna le rôle important des organistes qui ont accompagné le projet, et en particulier de l’organiste « maison » Eric Mairlot, et se réjouit du fait que le Gouvernement de la Région wallonne ait parfaitement tenu l’engagement pris en 2000 lors de la rénovation de la salle. Il confirma enfin que ce sera le long (plus de deux heures) chef d’œuvre du film muet « Métropolis » de Fritz Lang qui, samedi soir, sera Boulevard Piercot accompagné à l’orgue par Philippe Lefebvre, organiste titulaire de Notre-Dame de Paris.
Puis, pendant une bonne heure, s’éleva, sous les doigts et les pieds de Benoît Mernier, le souffle puissant de l’orgue restauré. Son harmonieuse sonorité produit beaucoup moins d’échos que les grandes orgues d’église, la réverbération acoustique s’avérant plus feutrée dans une salle de concert que dans d’imposants édifices religieux des siècles passés. La suite d’Alain, l’allegro de Widor, le lent deuxième choral de Franck et la répétitive toccata de Jongen, dont le final fut le véritable point d’orgue du récital, entraînèrent les applaudissements les plus nourris. Venez découvrir l’orgue de la Salle Philharmonique ces mardi, mercredi et jeudi à 18 heures 30’ ou encore ce samedi de 13 heures 30’ à 18 heures ainsi qu’à 20 heures (les cinq fois gratuitement) mais aussi, dans ses confrontations avec notre Orchestre Philharmonique conduit par Louis Langrée, vendredi à 20 heures et dimanche à 15 heures. Vous ne le regretterez pas.





Jean-Marie Roberti