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Politique

Mis en ligne le 26/10/2006

PS liégeois : analyse des bons résultats du scrutin


C’est un Willy Demeyer particulièrement souriant, détendu et nullement triomphant qui, mardi matin, dans les locaux de la Fédération Liégeoise du Parti Socialiste, place Sainte-Véronique, à Liège, a commenté et analysé les résultats des élections provinciales du 8 octobre dernier pour l’arrondissement de Liège.
Pour cet exercice qui s’est finalement révélé très simple, le président de la fédération liégeoise du PS était entouré de ses deux vice-présidents : Marie-Claire Lambert et Frédéric Daerden ainsi que du secrétaire fédéral Claude Antoine.

Des chiffres éloquents

Sur l’arrondissement de Liège, c'est-à-dire au niveau de 24 villes et communes, le PS avait obtenu 39,96% des suffrages aux communales de 2000, il en avait obtenu 39,86 aux législatives de 2003, 41,72 aux régionales de 2004 et 43,12 % aux communales du 8 octobres.
Suite à ces élections, le PS va gouverner seul dans 8 communes où il a obtenu la majorité absolue et notamment à Awans, Beyne, Blegny, Flémalle, Grâce-Hollogne, Saint-Nicolas, Seraing et Soumagne. Dans 3 autres communes : Ans, Herstal et Trooz, où il a également obtenu une majorité absolue, il s’ouvrira à un autre parti, enfin, il fera partie de la majorité en coalition à Chaudfontaine, Comblain, Dahlem, Esneux, Fléron, Oupeye, Neupré et Liège.
Par ailleurs, le PS est dans l’opposition dans les communes d’Aywaille, Sprimont, Visé et Juprelle. En ce qui concerne Bassenge, rien n’est encore décidé et il pourrait peut-être participer à une coalition.
Sur les 24 villes et communes, 16 auront un bourgmestre socialiste. Au total cela fera aussi quelques 278 conseillers communaux socialistes (plus 9 par rapport à 2000) sur un total de 604 conseillers.
A noter qu’au niveau du vote provincial, l’arrondissement de Liège fait quelques 39,54 % des votes contre 38,26% en 2000 et conserve ses 21 sièges de conseillers provinciaux sur 48.
Des chiffres éloquents donc qui auraient pu susciter de la part des vainqueurs, un enthousiasme débordant et un triomphe de conquérant. Eh bien non, dans ses commentaires et son analyse, Willy Demeyer est resté humble, presque modeste…

Ce n’est pas une victoire, c’est un bon comportement

« Si nous avons fait d’aussi bon résultats » avança illico le président de la Fédération, « c’est parce que nous avons pu, dans pratiquement toutes les communes, présenter de bonnes équipes de candidats. Des candidats jeunes, des candidats d’expérience, des candidats de proximité et aussi des candidats ayant des qualités de gestion reconnue par les électeurs. Sur l’ensemble, par rapport aux autres élections communales, législatives et régionales, on constate une progression constante, un courant ascendant, mais il ne faut pas en faire une gloire parce que par définition tout ça c’est éphémère. » Il ajoutera aussi : « Quand vous gagnez puis que vous fanfaronnez, vous ne faites que renforcer l’alliance contre vous. Il faut savoir rester modeste et humble. Pour moi, tout ça n’est pas une victoire, mais un bon comportement.
A propos des majorités absolues PS qui se sont ouvertes dans quelques communes Willy Demeyer expliquera : «Une défaite est difficile à gérer mais une victoire aussi. En s’ouvrant, je crois que l’on prépare la prochaine victoire… ».

Et l'avenir ?

Lors de cette analyse, on a demandé à Willy Demeyer comment il comptait continuer son action au sein de la Fédération liégeoise, connue pour ses soubresauts et ses tiraillements internes, comment il compte régler les problèmes de luttes internes dans certaines communes (Flémalle, Saint-Nicolas, Awans) et comment il voyait la position de Liège au niveau fédéral.
Concernant l’unité de la Fédération : « Depuis 1991, c’est Guy Mathot qui a insufflé une nouvelle dynamique au sein de la Fédération en instaurant une gouvernance collégiale. Pour lui, le pouvoir ne pouvait pas rester dans une seule main, il devait être partagé. C’est aussi mon opinion et c’est ainsi que je fonctionne. Nous privilégions la discussion, ça prend du temps évidemment. A Liège, on n’impose pas, car il y a toujours un retour de manivelle possible. On discute, on convainc. »
Concernant les luttes internes : « « Je ne suis pas un fanatique de l'exclusion, je préfère les stratégies de groupe et le consensus. Nous avons réussi à mettre fin aux dissidences à Oupeye et Flémalle. Gérer la victoire, ça implique le respect de l'autre. Celui des autres listes, mais aussi celui dans sa propre liste. Pour diriger, il faut être sûr de ce qui va se dégager du pacte de majorité. Il faut que l'équipe au pouvoir soit fonctionnelle, que le schéma qui se dégage soit profitable à la commune. »
A propos du National : « Nos résultats du 8 octobre ont été salués par le bureau du parti. » dira Willy Demeyer dont le poids de sa fédération se renforce encore davantage. Mais il n’en fait pas non plus une gloriole même s’il aime à répéter que la Fédération liégeoise avec ses 22.004 affiliés représente un peu moins du quart de l’ensemble des affiliés PS de Wallonie. Il préfère souligner : «« Nous devons confirmer notre bon comportement en 2007, à partir de là, nous serons forts. » et aussi de dire : « Nous aurions pu penser que ce qui s’est passé dans le Hainaut aurait eu des répercussions chez nous. Il n’en a rien été et c’est heureux et je pense même que si ce qui s’est passé là-bas n’avait pas eu lieu, je crois que nous aurions encore progressé davantage ».
Pour terminer, préférant parler de renforcement d’une colonne vertébrale rouge que d’une ceinture rouge, Willy Demeyer a encore évoqué le principe de la communauté urbaine : « Après les mises en place des différents conseils communaux, en tant que président, je réunirai très vite après le 5 décembre, la Conférence des bourgmestres de l’arrondissement. J’évoquerai avec les autres bourgmestres les possibilités que l’on peut avoir en matière de communauté urbaine. J’en ai toujours été partisan. Mais je ne veux pas créer une nouvelle structure, je suis pour une approche par projet… »





Gaston LECOCQ