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En Ville

Mis en ligne le 30/09/2006

Les arcanes de la mobilité


La mobilité est le quotidien des travailleurs, sans emplois, étudiants, touristes, commerçants… La Ville est dotée de 590 km de voiries, dont 510 km communaux, 40 régionaux, 30 propriété de l’Université et le reste provincial… parcourus quotidiennement par 200.000 véhicules. Le conseiller en mobilité, Jean-François Leblanc, délimite trois zones. Le flux interne des Liégeois d’un quartier à l’autre : « On se doit, dit-il, de leur offrir un cadre de vie agréable, et des alternatives à la voiture comme des cheminements piétons et vélos, et des transports en commun efficaces ». Les conducteurs originaires des villes périphériques qui entrent à Liège pour travailler (107.000) ou étudier (100.000) : « Pour la fluidité du centre urbain, on ne peut pas ouvrir tous les robinets – d’où l’objectif des parkings de dissuasion ». Enfin, le transit, par exemple de Seraing à Herstal, traverse Liège sans s’y arrêter : « Ce trafic est évidemment nuisible ». Le tunnel de Cointes (60.000 véhicules par jour) a dissuadé ce « transit nuisible », et l’étude d’incidence pour Cerexhe-Beaufays est en cours, « mais le tracé n’est pas sur le territoire liégeois, poursuit Jean-François Leblanc. On n’a donc pas toutes les cartes en main, même si la Ville collabore avec le MET. Si la liaison de réalise, des axes liégeois seront revus. L’arrivée de la E25 au cœur de Droixhe reculerait jusqu’au port de Wandre et le boulevard urbain vers le quartier donnerait un coup de fouet à la revitalisation de Droixhe ».

Quelle gestion des parkings ?

Quid du parking de délestage (500 à 600 places) à Sclessin (Coromeuse en stand bye étant donné le déménagement prévu de la patinoire) ? Le dossier bénéficie d’un consensus, « mais le volet financier est important pour valoriser l’outil ».

Concrètement, s’agit-il d’un partenariat avec le TEC pour des navettes gratuites vers le centre ? Jean-François Leblanc répond qu’il « un peu tôt pour en parler ». Il évoque par contre la ligne 58 du TEC vers le Sart-Tilman : « Ces bus sont remplis le matin pour monter vers l’Université, et redescendent presque à vide vers le centre en passant par Sclessin : une politique tarifaire devra être mise en place ». Le stationnement compte 5500 places publiques en voirie et 5000 en ouvrage privé. La Ville projète des parkings en sous-sol en Avroy Sauvenière et au débouché de la Passerelle. Mais le parking… tend les bras aux voitures : « Oui voilà, ce n’est pas facile. Il faut un juste équilibre entre l’attractivité et les nuisances ». Quid de la gestion en Avroy Sauvenière et Outremeuse? « On peut envisager une gestion communale, avec un effet de levier sur le tarif élevé (critiqué par les commerçants) des autres ouvrages privés. Mais cela dépendra du prix de construction, de l’amortissement et de la coûteuse gestion ».

Le tram : dans les deux sens !

Les voitures ne s’arrêtent pas à la frontière d’une Ville, d’où le PUM (plan urbain de mobilité) pour 2008 entre les 24 communes du bassins liégeois, dont l’étude (250.000 euros) est financée par le MET : « C’est une première : 24 villes se mettent autour de la table ». Au mois de mai, le PUM était présenté comme un éventuel embryon de Communauté urbaine par l’échevin Michel Firket, mais la Communauté a été balayée par Willy Demeyer lors de son discours aux Fêtes de Wallonie.

Le conseiller en mobilité ne se prononce pas sur les discours politiques, mais sur la mobilité : « Il n’y aura pas de tram à Liège, lance-t-il, sans partenariat avec Herstal, Ans, Fleron… ». Quel serait l’impact du tram sur la population liégeoise ? « Attention, hésite-t-il. Ce n’est pas si simple, car les trams roulent dans les deux sens ».

Interpellations dans les quartiers

Un Plan de circulation sera testé à Sainte-Walburge ce printemps, avec mise à sens unique partiel de la rue perpétuellement engluée Sainte-Walburge (14.000 véhicules quotidiennement) et double sens pour les voitures sur le bld 12ème de Ligne en face du CHR. Le plan, fruit d’un consensus après un an de négociations entre la Ville, le TEC, la SRWT, le CHR et le comité de quartier, suscite l’enthousiasme de certains commerçants – pourtant longtemps opposés au sens unique : « Mais c’est la seule solution, convient un commerçant, à condition que la rue soit dotée de zones de stationnements ».
Les voies de délestage seront le bld Victor Hugo et la rue de Campine – dont les riverains sont… moins satisfaits : « Pour la rue Xhovemont, nous rencontrons les habitants la semaine prochaine pour éviter les effets de rebond. La rue de Campine est un axe naturel entre Rocourt et le centre : une augmentation de 13.000 à 15.000 véhicules sera presque imperceptible. La Ville prévoit toutefois des comptages ». A Rocourt (14.000 à 18.000 véhicules par jour sur la chaussée de Tongres), le plan Transitec 2003 a suscité l’ire des riverains, car… il transperçait le nouveau Vélodrome - à l’époque non encore inauguré ! Le nouveau plan contre l’écrasement de la chaussée, présenté en mai 2006, prévoit la création d’une route parallèle à l’E40 vers l’échangeur E313. Le dégorgement de la chaussée mordra les espaces verts, mais le comité de quartier nuance : « Il s’agit de terrains agricoles, et le quartier ne dispose même pas d’un parc public convivial ». A Saint-Léonard, le « cahier de revendications » du comité réclame notamment « la réhumanisation des quais Coronmeuse et Saint-Léonard devenus autoroutes urbaines entre le centre et Herstal ». Le comité s’insurge aussi contre la multiplication des piétons écrasés : « La prochaine fois, je dépose plainte contre la Ville », a décidé une dame membre du comité, A Saint-Laurent, le comité multiplie les réunions avec les riverains pour aboutir à un consensus (NDLR : éviter le couac Laveu) avant négociation avec la Ville et le TEC pour un sens unique montant (sens St-Gilles) dans l’étroite rue pavée (de transit) Wazon.

Un budget transversal

Les comités interpellent, mais beaucoup sont empêtrés pour un établir le budget mobilité consacré à leur quartier. La politique porte pourtant sur les dépenses, les recettes et des choix.

La mobilité est-elle un bourbier ? « Non, mais la compétence est transversale, répond Jean-François Leblanc. Les investisseurs sont la Ville (signalisation, voiries…), la SRWT (accélération de la vitesse des bus…), le MET (voiries régionales…) et la SNCB ». Les dépenses comptent aussi le coût des accidents et du temps perdu dans les bouchons. Les recettes sont indirectes : « Image de la Ville, développement patrimonial et touristique… » Un budget mobilité est donc difficile à établir : Jean-François Leblanc est « en contact permanent avec la police, le bourgmestre, l’Aménagement, les Travaux, le MET, les commerçants… »

Rouler, stationner et respirer

Tout le monde veut rouler, stationner et respirer. « Votre réflexion montre la difficulté de la mobilité, répond Jean-François Leblanc. Il s’agit d’une balance perpétuelle entre les modes de transport. Le consensus et la négociation sont primordiaux, notamment pour les Plans de circulation dans les quartiers, car les habitants vivent au quotidien dans le dit Plan et les sens uniques ».

Pour en débattre, Equinoxe FM (100.10 FM) propose ce lundi 2 octobre de 16 à 18 heures (rediffusion le 3 octobre de 9 à 11 heures), un débat entre quatre représentants des partis démocratiques : Jean-Pierre Hupkens (PS), Sophie Bertrand (CDH), Catherine Robert (MR) et Brigitte Ernst relayée au cours du débat par Benoît Lorent (Ecolo). L’émission, réalisée et présentée par Terry Bodson, sera ponctuée de reportages et interviews.






Texte et photos: T.B