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Médias

Mis en ligne le 08/09/2006

Les Journalistes du groupe Rossel seront-ils bientôt payés en bols de riz ?

Apparemment, ça ne va pas si mal du tout dans le groupe Rossel qui comprend entre autres : Le Soir, Sud Presse (La Meuse, La Capitale, Nord-Eclair, etc…) et la Voix du Nord…
En effet, dans son édition de jeudi, on apprenait que grâce à Vlan (la vache à lait du groupe), Rossel sera le premier groupe étranger à investir dans le secteur presse en République Populaire de Chine.

Le journal annonce même que dès la mi-décembre, les habitants de Shanghai découvriront dans les stations de métro et les supermarchés (pas dans les boîtes aux lettres, c'est interdit), un nouveau produit qui n'existe pas sur le marché chinois: un hebdomadaire gratuit d'annonces (immo, auto et rencontres essentiellement). Bref un Vlan chinois dont le titre serait « Fu Lai (La chance arrive en français).
Comme l’explique encore Le Soir, ce « gratuit » sera tiré dans un premier temps à 200.000 exemplaires. Et concernant cette entrée dans le monde hermétiquement clos de la presse chinoise, Paul Callebaut, le patron de Vlan précise « Si Rossel peut pénétrer en République Populaire de Chine c'est parce que les journaux d'annonces y sont considérés comme relevant du secteur de la publicité et non de la presse".
Cette avancée dans « L’Empire du Milieu », est le résultat d'une joint-venture entre le groupe belge (60 %) et le groupe Shanghai Times Media (40%).

Oui mais l’avenir ? Des bols de riz ?

Il faut savoir que la plupart des alliances technologiques ou industrielles se traduisent par la création d'une société commune ou joint-venture souvent détenue à 50/50. Ces sociétés ont généralement un avenir éphémère, une telle situation pouvant rapidement mener à un blocage total des organes de décision de l'entreprise, soit parce que la joint-venture se porte bien et que l'un des actionnaires veut récupérer le contrôle, soit parce qu'elle se porte mal et que l'un des actionnaires veut sortir. Il est dès lors nécessaire de prévoir dès sa création des clauses de sortie permettant, en cas de conflit, un déblocage de la situation.
Avec les Chinois, des maîtres dans l’art du marchandage, on peut s’attendre à tout, au meilleur (si vous leur êtes sympathique) ou au pire (s’ils estiment que vous ne pouvez pas leur rapporter grand chose qu’ils ne connaissent déjà).
Une chose est sûre, c’est que cette situation peut paraître paradoxale dans le monde de la presse francophone et dans celui du groupe Rossel en particulier lorsque l’on sait que depuis 1995, le groupe Sud-Presse a déjà subit 3 restructurations avec des plans de licenciement et de pré-pension (pour sauver les meubles) et une mise en liquidation « La Meuse ». Par ailleurs, des dégraissages ont encore régulièrement lieu tant à Sud Presse qu’au Soir où les heures supplémentaires (mais c’est tout à fait normal dans notre profession de faire des heures supplémentaires) sont payées en « jours de congés » , où les journalistes indépendants sont payés des clopinettes et au aussi lorsque des tâches importantes sont confiées à des kyrielles d’étudiants stagiaires qui ne sont évidemment pas payés.
Avec cette avancée en terre chinoise (j’aime personnellement beaucoup les Chinois et la culture chinoise), on pourrait dès lors se poser deux ou trois questions ; qu’en sera-t-il de l’aide à la presse à un groupe qui apparemment se porte on ne peut mieux ; le groupe a-t-il l’intention d’engager des travailleurs chinois qui seront évidemment sous-payés et enfin, question de se mettre dans l’ambiance , pourquoi ne pas proposer à nos confrère du Groupe Rossel, d’accepter quelques bols riz en supplément pour arrondir leurs fins de mois ou leurs heures sup…
S’il y a bien une chose que les Chinois ne font pas eux c’est « «shou zhu dài tù » ce qui veut dire en français : « attendre un bénéfice ; ou faire trop confiance à la chance »

Et si vous souhaitez savoir ce qui se dit en Chine, je vous conseille un excellent site Internet, ce qu’il a de plus officiel… www.french.xinhuanet.com





Gaston LECOCQ