• Visiteur(s) en ligne : 4
  • |
  • Visiteurs total : 3199065

A la Province

Mis en ligne le 12/09/2005

Après un an de gouvernorat :Michel Foret - Des plans d’urgence à revoir et un sérieuse rationalisation s’impose !

Alors que celui auquel il a succédé était et est toujours, grand amateur de la « petite reine », Michel Foret, qui a pris ses fonctions de gouverneur de la Province de Liège il y aura un an fin septembre, est plutôt un homme passionné de football. D’ailleurs il va généralement droit au but. Il vient d’ailleurs de le prouver en présentant, la semaine dernière, le bilan, de sa première année passée au gouvernorat. Ancien ministre de la région wallonne, ancien conseiller communal, Michel Foret n’a pas peur des dossiers. Il sait aussi rencontrer les gens. Ce fut d’ailleurs l’une de ses premières tâches, lorsqu’en février dernier, il a décidé de visiter les 84 communes que comptent la Province de Liège. Il faut rappeler que c’est aux gouverneurs des provinces d’organiser les services de secours, les plans de secours, d’urgence ou de catastrophe ainsi que le maintien de l’ordre. C’est aussi à lui que revient la tâche d’organiser les différents scrutins dans la province. Par ailleurs, Michel Foret, comme gouverneur de la Province de Liège, est également président de l’Eurégio Meuse-Rhin, jusqu’au 1er janvier 2007.

Un fameux travail à accomplir

La visite effectuée par Michel Foret auprès des 84 mayeurs et divers responsables des communes de la province, avait surtout pour but de dresser un état des lieux en matière de sécurité. Il répond par là, à la demande du ministre de l’Intérieur qui, après la catastrophe de Ghislenghien, a entrepris, en passant par les gouverneur des provinces, à réformer la sécurité civile dans le but de rendre plus efficaces les services d’incendie mais aussi d’en réduire leur nombre.
Et au niveau de la Province de Liège, ce n’est pas de la tarte comme on dit. En effet, notre province, une des plus importantes de la Région wallonne, de par sa taille et de par sa population est aussi un fameux patchwork.
Comme l’explique le gouverneur : « Notre province recouvre un territoire extrêmement varié de part la configuration de son paysage, de son patrimoine, de sa culture ou même de sa langue. Le pays de Herve n’a rien à voir avec le Condroz comme dans le bassin mosan, Huy, ce n’est pas Visé. Tout cela implique des mesures différenciées pour la sécurité, d’autant que Liège est frontalière non seulement avec 5 autres provinces, mais également avec trois pays différents comme les Pays-bas, l’Allemagne et le Grand Duché de Luxembourg. Il faut donc pouvoir coopérer. »
Si Michel Foret reconnaît qu’il a trouvé, en visitant toutes ces communes, des services de secours qui ne manquent ni d’engagement ni de professionnalisme, il admet également qu’une rationalisation en profondeur s’impose pour que le plan d’urgence et d’intervention en Province de Liège soit prêt avant octobre 2006. Ce sera donc une de ses priorités.
Comme il le dit aussi : « Si des plans généraux pour la police, les pompiers, la protection civile existent, ils doivent être revus… »
Ce ne sera évidement pas simple lorsque l’on sait que la Province de Liège est divisée en quatre arrondissement judiciaires, quatre arrondissements administratifs (qui ne correspondent pas aux premiers cités) 6 zones de secours, 20 zones de police, 25 services d’incendie, 8 SMUR (Services médicalisés d’urgence) et 29 antennes médicales. Vous ajoutez à tout cela un système téléphonique compliqué et vous aurez compris.
Le gouverneur a aussi démontré que la Province de Liège encourrait des risques majeurs avec notamment, la présence d’une centrale nucléaire (Tihange) 7 entreprises classées « Seveso », un port pétrolier d’envergure, une gare de triage traitant des produits dangereux, l’aéroport international, le tunnel sous Cointe, le circuit de Spa-Francorchamps, sans oublier les zones inondables, les 400 km de canalisation de gaz, et bien d ‘autres encore. Et comme les risques évoluent avec les techniques…
Comme le remarque le gouverneur : « Nos services de secours sont efficaces et travaillent bien, la réforme de police est très positive et nos services d’incendie font un travail remarquable. Mais 25 services d’incendie c’est trop. Il faut rationaliser pour mieux les équiper. Dans certaines villes et communes comme Liège par exemple, on ne trouve que des professionnels, ailleurs, quelques professionnels encadrent des volontaires et dans certains centres il n’y a que des volontaires. Sans oublier qu’en région germanophone, il y a 7 services d’incendie pour 9 communes. Cette situation est trop diversifiée. Je suis conscient que je vais m’attaquer à quelque chose d’affectif. Il faut savoir que dans certaines communes on est pompier volontaire, comme on est Gilles à Binche. »
Lors de ce bilan, le gouverneur a aussi évoqué l’idée de fusionner les zones de police et d’incendie et pourquoi aussi, former 3 zones de sécurités calquées sur les 3 grands arrondissement : Liège, Huy-Waremme et Verviers ?
Michel Foret a aussi annoncé qu’il sera nécessaire d’évaluer les réactions de tous les services par une simulation d’accident d’aviation à Bierset (côté civil et militaire), ainsi qu’un exercice (prévu pour le 22 novembre) à Tihange, afin d’analyser les réactions dans les écoles. Pour finaliser les plans d’urgence, les rendre efficaces il est évidemment nécessaire de sensibiliser non seulement les responsables, mais aussi la population. C’est à tout cela que va s’atteler le gouverneur. Et comme on le disait plus haut, il y en a du travail…

A propos de l’Eurégio Meuse-Rhin

Changeant de casquette pour mettre celle de président de l’Eurégio Meuse-Rhin, Michel Foret nous dira : « Au niveau de l’Eurégio Meuse-Rhin, il y a actuellement un risque dû à l’absence de vote du budget européen alimentant les projets eurégionaux. Il faut savoir que sur les 98 derniers projets (104 millions d’euros doublés par la Région wallonne) il y en a 71 qui concernent directement la Province de Liège. »
C’est pour cela que le gouverneur entamera très prochainement une tournée des cinq régions de l’Eurégio Meuse-Rhin en compagnie d’Abel Desmit (ancien président PS du conseil provincial), président du conseil eurégional. Son but est de permettre à l’Eurégio de demander de nouvelles aides européennes qui privilégieraient la connaissance et le développement durable pour la période 2007 – 2013.
Au niveau de l’Eurégio, Michel Foret souhaite aussi réaliser d’autres objectifs comme par exemple : raccourcir le temps que l’on passe dans les trains pour se rendre d’une ville eurégionale à l’autre, et dont pourtant les distances ne sont pas énorme (relations ferroviaires nettement trop lentes) et permettre aux universités, dont la taille est juste en dessous des normes « Bologne » de pouvoir travailler en synergie.
Et à part tout cela, Michel Foret devra aussi veiller à ce que tout soit près, pour les prochaines élections communales et provinciales d’octobre 2006. Qui a dit que le métier de gouverneur était une sinécure ?





Gaston Lecocq