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En Ville

Mis en ligne le 01/07/2006

Un peloton anti-banditisme efficace et commun pour Liège et Seraing - Neupré


Guy Mathot, est sûrement heureux, où il est, de voir que tout se passe pour le mieux entre Liège et Seraing. Preuve en a encore été donnée ce vendredi 9 juin, à la Maison de la Presse de Liège, lorsque les mayeurs de la « Cité ardente » et de la « Cité du Fer », respectivement Willy Demeyer et Jacques Vandebosch, ont officialisé la collaboration totale entre le PAB (Peloton – anti - banditisme) de Liège et la Ville de Seraing.
Pour cette présentation, (la photo durant la conférence de presse) étaient également présents les chefs de corps des polices locales de Liège (Christian Beaupère) et de Seraing - Neupré, (Roger Grisay) ainsi que le député Alain Mathot, probablement le futur bourgmestre de Seraing.
Comme le dira d’entrée de jeu Willy Demeyer : «Suite à une affaire de grande banditisme à Boncelles, bien avant qu’il ne soit malade, Guy Mathot (le bourgmestre de Seraing décédé il y a un peu plus d’un an) m’avait demandé s’il n’était pas possible de nous unir pour trouver une solution au problème de grand banditisme à Liège et à Seraing. Il souhaitait une solution commune. Liège et Seraing sont des communes urbaines et connaissent les mêmes problèmes en matière de criminalité C’est ainsi que si nous parvenons à chasser les truands de Liège et que ceux-ci viennent s’installer à Seraing cela n’aura servi à rien. Aujourd’hui, je peux dire que l’idée de Guy Mathot de réunir nos forces dans ce domaine est sur la bonne voie. La création d’une patrouille anti-banditisme commune pour les zones de police de Liège et de Seraing - Neupré, en est la preuve. »
Pour le bourgmestre de Seraing, Jacques Vandebosch : « C’est dans l’intérêt de toute l’agglomération que nous pouvons mettre en place une politique commune en la matière. Et comme nous avons, à Liège et à Seraing, au niveau des responsables politiques, la même vision idéologique, les contacts sont évidemment plus simples et les rapprochements plus faciles. »
Si à Liège qui compte quelques 190.000 habitants, la réforme des polices s’est faite sans trop de problèmes (financiers et en effectifs) et est finalement réussie, comme le signalent régulièrement le bourgmestre et le chef de corps de la police, il n’en est pas de même pour d’autres villes et communes, où le plan prévu par l’ancien ministre de l’Intérieur, le MR André Duquesne a quelque peu coincé tant au niveau des effectifs qu’au niveau financier. Ce qui est précisément le cas pour Seraing, comme a tenu à le rappeler Jacques Vandebosch. D’où l’idée d’une collaboration entre les polices de Liège et de Seraing qui est vraiment bienvenue. Pour Alain Mathot : « Liège et Seraing représentent plus de la moitié de la population de l’agglomération liégeoise. Ce rapprochement est non seulement nécessaire mais il est aussi attendu par beaucoup… »
Bref, les truands sont prévenus. D’ici peu, et même si le PAB de Liège est déjà intervenu dans la zone de Seraing, ce sera maintenant systématique, non seulement en collaboration totale mais aussi en synergie.

Même véhicule, même armement, même entraînement

Le PAB de Liège a été créé en 1976, suite au décès d’un policier de la Brigade judiciaire, abattu alors qu’il intervenait sur un hold-up. L’idée en revint à l’inspecteur principal Eugène Delcominette qui s’inspira, pour créer cette brigade du SWAT du département de police de Los Angeles et qui avait été adapté à la réalité d’une police communale du milieu des années 70.
Il s’agissait à l’époque d’un peloton de 11 policiers, tous volontaires et triés sur le volet et dont les performances tant physiques corporelles, qu’au niveau du tir étaient prépondérantes.

Aujourd’hui, le PAB est composé de 27 inspecteurs, de 3 inspecteurs principaux et d’un commissaire dirigeant. On peut dire qu’il s’agit d’agent délite, super entraînés, rompus à pratiquement tous arts martiaux et autres sports de combat et aussi excellents tireurs. Ils doivent en outre faire preuve de qualités psychologiques hors normes. Chaque membre du peloton anti-banditisme est actuellement astreint à un training (tactique d’intervention, sport et tir) de plus de 30 heures par mois, un entraînement qui pourrait bientôt passer à quelques 50 heures.
Le PAB , dont les missions sont assurées 24 h sur 24 par équipes véhiculées de 3 hommes consiste entre autres : à l’appui et au renfort aux divers services de première ligne (interventions 101, Paix publique, commissariat, enquête avec la Brigade judiciaire ; ce sont eux qui sont aussi envoyés en premier lieux sur certaines interventions potentiellement dangereuses ou qui pourraient le devenir (hold-up, prises d’otage, Fort Chabrol, etc…) ; c’est également le PAB qui se rend dans les endroits ou des alarmes se sont déclenchées et enfin, ils participent aux patrouilles de prévention générale (recherche de flagrant délit, surveillance d’endroits sensibles, recherche de personnes ou de véhicules volés.
Les hommes du PAB n’ont évidemment pas le même équipement que leurs collègues, puisqu’ils sont d’ailleurs les seuls à être autorisés à avoir en intervention le fameux P90, un pistolet mitrailleur ultra sophistiqué avec viseur laser et produit par la FN.
Pour pouvoir étendre son action à la zone de police « Seraing-Neupré », le PAB de Liège, dont deux véhicules (la deuxième photo) seront marqués du logo « PAB Liège-Seraing-Neupré », 7 inspecteurs issus de la zone Seraing-Neupré, rejoindrons les 31 membres du PAB liégeois. Actuellement sur 30 volontaires de la zone « Seraing-Neupré », 21 d’entre eux qui ont été présélectionnés suivront un entraînement intensif avec leurs collègues liégeois et 7 d’entre eux (les plus performants à tous niveaux) constitueront le noyaux du PAB sérésien qui sera amené à travailler en parfaite synergie avec le PAB liégeois sur la zone « Seraing-Neupré ». D’ici quelques jours, le conseil de police Seraing-Neupré devrait décider l’achat d’un véhicule supplémentaire qui permettra à une équipe sérésienne de sillonner la zone Seraing-Neupré, 24 h sur 24. Et avec cet apport, le PAB (Liège-Seraing-Neupré) dont les hommes auront le même matériel, le même entraînement, les mêmes communications radio, pourront intervenir beaucoup plus efficacement sur les trois communes.
Pour Willy Demeyer à qui nous demandions s’ils s’agissait d’une première étape vers la constitution d’une « communauté urbaine » : « C’est en tout cas une étape importante franchie dans la problématique de la sécurité des personnes et des biens dans une grande partie de notre agglomération… »

Gaston LECOCQ